la sncf et rff devant la justice en septembre pour l'accident de brétigny-sur-orge
la sncf et rff devant la justice en septembre pour l'accident de brétigny-sur-orge © reuters

La SNCF pourrait avoir sciemment cherché à tromper la justice dans l'enquête sur l'accident de Brétigny qui a fait 7 morts en juillet 2013. C'est ce qu'affirme ce mercredi Le Canard enchaîné.

L'hebdomadaire révèle ce matin des écoutes judiciaires . Des cheminots auraient été briefés par le service juridique de la SNCF avant leur audition par la justice. Le Canard enchaîné évoque un double langage : l'un en privé, l'autre devant les juges. Comme par exemple l'un des cadres qui dit dans le bureau des magistrats ne pas savoir si les travaux de vérification des voies sont effectués correctement. Mais quelques jours plus tôt, il disait au téléphone à son supérieur : "Brétigny, c'est des crevards. Faut tous les foutres dehors !" Pour un autre de ces cadres placé sur écoute, la pièce certainement à l'origine de l'accident était "pourrie ", "mais c'est pas la seule... Toutes les TJ [traversée-jonction] de Brétigny sont dans cet état-là " reconnaît-il. Chez le juge qui lui fait écouter ses propos enregistrés, cet homme expliquera que "quand [il] dit "pourrie", ça ne veut pas dire en dehors des normes, ça veut dire vieux ".

Une cadre du service juridique est chargée de briefer les salariés selon le Canard, en leur donnant des éléments de langage. Elle leur dit par exemple "de ne rien apporter aux policiers (...) il faut attendre leurs demandes". Dans un communiqué , la SNCF affirme que "la direction juridique défend et accompagne ses salariés (...). Les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos."

Des révélations qui interviennent une semaine à peine après un nouveau rapport accablant pour la SNCF.

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