Bruxelles sous le choc après les attentats du 22 mars
Bruxelles sous le choc après les attentats du 22 mars © MaxPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

La capitale belge a été frappée par plusieurs explosions ce mardi, à l’aéroport puis dans le métro. L’attentat a été revendiqué par le groupe État Islamique. Selon un bilan provisoire, il y a 31 morts et environ 200 blessés. Au lendemain des attentats, les deux kamikazes de l'aéroport de Bruxelles auraient été identifiés, selon la RTBF.

Il s'agirait de deux frères, Khalid et Brahim El Bakraoui, connus des services de police pour grand banditisme mais non pour des faits de terrorisme. L'un des deux, Khalid, avait loué sous une fausse identité l'habitation du 60 rue du Dries à Forest, où avait éclaté une fusillade avec la police le 15 mars dernier, fusillade qui avait abouti à la capture de Salah Abdeslam trois jours plus tard à Molenbeek.

Depuis les attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, Bruxelles vivait au rythme des interpellations et perquisitions dans le milieu djihadiste. Ce mardi, la capitale belge a été touchée en son cœur, quatre jours après l’arrestation de Salah Abdeslam.

Deux attentats en une heure d'intervalle

Deux puissantes explosions ont retenti à quelques secondes d’intervalles ce mardi vers 8 heures à l’aéroport international de Bruxelles-Zaventem , dans le hall des départs.

Selon des témoins sur place, une personne aurait scandé des phrases en arabe. Les pompiers donnent un bilan de 14 morts et 96 blessés. En début de soirée, le parquet fédéral belge annonce que les deux bombes ont "probablement " été activées par deskamikazes , et que la police cherche "activement " un troisième homme. Une troisième bombe, qui n’a pas explosé, est d’ailleurs découverte plus tard. Ce mardi soir, le maire de la commune où est implanté l’aéroport, Francis Vermeiren, assure que les assaillants sont venus en taxi et que"leurs bombes étaient dans les valises ", qu’ils ont placé sur "des chariots " .

Le reportage de Yann Gallic avec les rescapés de l’aéroport de Zaventem.

Une heure plus tard, à 9h11, à l’heure de pointe, une nouvelle explosion retentitdans une rame de métro qui venait juste de quitter la station Maalbeek , dans le quartier des institutions européennes. Un bilan provisoire fait état ce mardi soir de 20 morts et 130 blessés.

Le reportage de Philippe Randé près de la station de Maalbeek.

Quelques minutes après, l’alerte anti-terroriste passe à son niveau maximal. Les réseaux de transports, y compris les Thalys et Eurostar, sont immobilisés. Armée et police renforcent la sécurité autour des centrales nucléaires belges.

Un numéro d’urgence a été mis en place côté belge (+32 2 506 47 11) et côté français (01 45 55 80 00) .

Vaste enquête en cours

Le parquet fédéral belge a confirmé qu’il s’agissait d’un attentat-suicide. Vers 16 heures, le groupe djihadiste État Islamique revendique les attaques via Aamaq, une agence en ligne. Les services de renseignements juge la revendication authentique. Rapidement, les médias belges diffusent l’image de trois hommes poussant des chariots de bagages, les présentant comme les trois suspects de l’attentat. Le cliché est issu du système de vidéosurveillance de l’aéroport.

Les trois suspects de l'aéroport de bruxelles
Les trois suspects de l'aéroport de bruxelles © Radio France

La police belge a lancé une véritable chasse à l’homme.Un appel à témoins a été diffusé ce mardi en fin d’après-midi par la police fédérale belge.

Elle est aussi à la recherche d'images amateurs sur lesquelles les auteurs peuvent être vus.

En début de soirée, les médias ont fait état de plusieurs perquisitions en cours en Belgique, mais délivrent peu d’information pour ne pas nuire à l’enquête. Des témoins sont entendus. Vers 19 heures, le parquet fédéral annonce quelors d’une perquisition dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, un engin explosif contenant des clous , mais aussi des produits chimiques et un drapeau du groupe État Islamique ont été découverts.

Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert une enquête en France. Il s’agit d’une procédure classique due à la présence de huit Français parmi les blessés. Trois sont grièvement touchés.

Les précisisons de Sara Ghibaudo sur l'enquête.

Pluie de réactions

"Nous redoutions un attentat, et c’est arrivé " : le Premier Ministre belge, Charles Michel, dénonce "des attentats aveugles, violents et lâches " et appelle à l’unité du pays.

Philippe, roi des Belges, après les attentats du 22 mars
Philippe, roi des Belges, après les attentats du 22 mars © Radio France
Le roi des Belges, Philippe, a pris la parole en fin de journée à la télévision belge : "Les vies brisées, les blessures profondes, ces souffrances sont celles de tout notre pays. (…) Gardons confiance en nous-mêmes. Cette confiance est notre force ". "Ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres ".

La Belgique a reçu tout au long de ce mardi des messages de soutien des dirigeants du monde entier. "C’est toute l’Europe qui est frappée " a estimé François Hollande. Le secrétaire des Nations-Unies, Ban Ki-moon, dénonce des "attaques méprisables ". Depuis Cuba, Barack Obama parle lui d’attaques "révoltantes ". Le président russe Vladimir Poutine a appelé à "la coopération internationale la plus active ".

Comme après les attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre, le monde a revêtu les couleurs du drapeau belge. La Tour Eiffel les portera jusqu'à dimanche soir.

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Mardi soir, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées devant la façade de l'Hôtel de ville parisien, où avaient été accrochés des drapeaux belges.

Reportage sur place d'Antoine Giniaux

Le gouvernement bruxellois invite les Belges à observer une minute de silence ce mercredi à 12h. Le pays entame ce mercredi trois jours de deuil national.
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