Les enquêteurs vont devoir provisoirement se passer d'écoutes téléphoniques.
Les enquêteurs vont devoir provisoirement se passer d'écoutes téléphoniques. © PhotoPQR/L'Alsace

La Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ), gérée par Thales, est tombée en panne fin février. Le black-out a duré près d'une semaine. Un bug inquiétant qui a mis en péril des dizaines d'enquêtes judiciaires.

Le journal Libération révèle ce matin que plusieurs enquêtes judiciaires ont été compromises récemment à cause d'un bug technique qui a mis hors circuit la PNIJ. D'après le journal, la plateforme a été victime de ratés pendant près d'une semaine entre le 29 février et le 5 mars. En clair, les policiers et les gendarmes n'arrivaient plus à se connecter à la plateforme d'écoutes. Tous les services ont été touchés, y compris ceux de la lutte contre le terrorisme : la sous-division antiterroriste (Sdat) ou la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Christophe Rouget, porte-parole du Syndicat des Cadres de la sécurité intérieure la Chancellerie l’a confirmé à France Inter mais assure qu'aucune donnée n'a été perdue. Aucun détail sur l'origine de ce problème n'a été donné.

Au total, entre 1500 et 1800 écoutes auraient été interrompues au cours de la semaine, concernant directement des enquêtes en cours. "C'est un merdier sans nom", explique au journal un haut responsable policier. Libération écrit que l'incident a contraint plusieurs services à revenir à l'ancien système d'écoutes. Celui-ci permet de passer directement par les opérateurs téléphoniques grâce à des prestataires privés.

Une nouvelle plate-forme lancée... il y a quelques mois

Les locaux de ce nouveau Big Brother française sont installés à Élancourt dans les Yvelines. C'est là que sont passés au crible les appels téléphoniques, les mails, les SMS, les fax, les fadettes (...) de milliers de personnes. Présenté en grande pompe fin février 2014, le projet initié sous l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati, a pour ambition de centraliser l'ensemble des interceptions judiciaires en un seul lieu, pour mieux contrôler le suivi des procédures judiciaires et favoriser des économies budgétaires. Auparavant, les écoutes et interceptions étaient réalisées par une dizaine de sociétés privées.

Mais depuis le début la PNIJ rencontre des problèmes de fonctionnement récurrents, entraînant des retards. Elle aurait dû être opérationnelle fin 2013. Surtout, elle a déjà explosé son budget initial. Il était de 42 millions d'euros en 2014, il dépasse aujourd'hui les 90 millions, toujours selon nos confrères de Libération.

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