C'est l'histoire d'un procès. Un procès dont vous avez forcément entendu parler ces derniers mois. Un procès hors norme, comme le veut l'expression consacrée.

Couverture Le procès Carlton
Couverture Le procès Carlton © Le Lombard / François Boucq - Pascale Robert Diard

Quatorze prévenus dont un ancien directeur du Fonds monétaire internationale et candidat potentiel à la présidentielle française, six mois d'instruction et du sexe. Du sexe à chaque ligne de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Lille.

C'est l'histoire d'un procès qui a abouti à treize relaxes sur les quatorze mis en cause. C'est l'histoire d'un procès raconté ... en textes et en dessins. Dans une bande dessinée parue aux éditions du Lombard, le dessinateur François Boucq et la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert\-Diard reviennent sur cette audience qu'ils ont suivie ensemble pour Le Monde. Alternant couleur et noir et banc, croquant les principaux protagonistes du procès sur leur banc, à la barre, bras croisés presqu'endormis, ou au contraire dans le feu d'une plaidoirie, François Boucq plonge \- et nous plonge avec lui \- dans l'univers d'un procès en correctionnelle. ► ► ► DECOUVREZ| [Les premières planches de la BD Le procès Carlton](http://v.calameo.com/?bkcode=002473731b245d230f456&mode=viewer) **► ► ► ALLER PLUS LOIN | [Le procès du Carlton jour par jour](http://www.franceinter.fr/dossier%2Dtout%2Dcomprendre%2Dsur%2Dlaffaire%2Ddu%2Dcarlton)** Jour par jour, l'un croque, l'autre capte. Ces instants d'audience mis bout à bout plongent dans l'univers du procès du Carlton. Depuis "les 210 pages de l'ordonnance signée des juges d'instructions" jusqu'aux mises en garde du président du tribunal correctionnel \-"le tribunal n'est pas le gardien de l'ordre moral, il est celui du droit et de sa bonne application" en passant par les déclations de Dominique Strauss\-Kahn à la barre \- "disons que j'ai sauvé la planète d'une crise qui aurait pu être plus grave que celle de 1929. **"Propulsé dans le prétoire" : reportage d'Anne Douhaire et Charlotte Piret** Extrait : > Ils regimbent, ils renâclent, ils ont mal aux mots, ces prévenus qui répondent de proxénétisme aggravé devant le tribunal correctionnel de Lille. David Roquet, par exemple, l'ex\-patron des Enrobés du Nord, filiale du groupe Eiffage. "Je cherchais une personne pour m'accompagner pour une sortie à Paris", dit\-il. "Une personne ... C'est\-à\-dire ?" lui demande, mordante, la subsitute du procureur, Aline Clérot. "Une copine." \-Mais encore ? \- Euh, une demoiselle. \- Une demoiselle que vous payez ? \- Oui. \- Donc, une prostituée ? \- Euh, oui." ### Rencontre ... avec François Boucq Pour le dessinateur, auteur de bande dessinée depuis 1975, ce projet sonne un peu comme un retour aux sources puisqu'il a débuté au Point, à L’Expansion, à Playboy ou encore au Matin de Paris. Pourtant, il n'avait jamais mis les pieds dans un tribunal ou presque. A l'exception d'une expérience "il y a très longtemps", le métier de dessinateur d'audience lui était quasiment inconnu. Alors quand François Boucq arrive au procès du Carlton, ce qui l'étonne d'abord c'est la nuée de journalistes venus couvrir l'événement. > Quelqu’un dit : « Les dessinateurs » à ce moment ça s’ouvre comme la mer rouge pour Moïse, et on peut rentrer dans la salle ». Au début, François Boucq s'inquiète : "je ne savais pas du tout comment j'allais procéder". Mais rapidement, le dessinateur s'aguerrit. > J’avais presque l’impression que les personnages qui étaient là sont devenus mes personnages, comme si c'étaient des personnages de bande dessinée. Tous les soirs, le dessinateur lillois regagne son atelier et retravaille ses dessins du jour. Principalement sur la mise en couleurs. Car pendant l'audience :"il faut aller vite, ne pas perdre l'expression du visage". Alors une fois l'audience suspendue jusqu'au lendemain, François Boucq, qui dit avoir appris "plein de choses" de cette expérience, passe "à peu près une heure" à retravailler ses dessins. > Ce qu’on apprend, c’est que n’importe qui pourrait se retrouver dans une situation comme celle\-là. Alors, prêt à recommencer, François Boucq ? "Peut\-être", répond le dessinateur, "parce que c'est tellement intéressant ce qu'il se passe d'un point de vue humain". ### **A lire** _Le procès Carlton_ Texte de Pascale Robert\-Diard et dessins de François Boucq Parution : le 3 juillet 2015 aux éditions du Lombard. Prix de vente : 15 euros.
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