C’est un petit homme trapu. Couronne de cheveux grisonnants, costume d’une couleur « gris-marron » indéfinissable, des papiers qui dépassent de la poche gauche. Celui qu’on attendait tous est un homme frustre à qui Francis Heaulme n’accorde pas un regard, recroquevillé, la tête baissée dans le box des accusés.

L’avocat d’Henri Leclaire, Me Hellenbrand, en revanche ne le lâche pas des yeux. Comme toute la salle d’assises, de nouveau comble, il écoute le récit de l’enfance de celui qui en quelques jours est devenu un nouveau suspect.

L’ancien manutentionnaire travaillait chez Le Lorrain, entreprise dont l’arrière et les bennes à ordures donnaient sur la rue Vénizélos. « Les gosses cherchaient des papiers dans les bennes, ils s’amusaient avec. », raconte Henri Leclaire « C’est pas gênant ça … », observe le président. « Non, mais ils les laissaient traîner dans la rue ». « Et il y avait eu des plaintes de la ville ? » « Oui, ils avaient appelé le directeur qu’il fallait ramasser les papiers sur la route, et c’est moi qui prenait l’engueulade ».

Doucement mais sûrement, le président s’approche du but. Car ces bennes, ces papiers qui traînaient, ces enfants qui agaçaient Henri Leclaire pourraient constituer un mobile. Si toutefois celui-ci cessait d’être un simple témoin.

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