Plusieurs dizaines de milliers de Franciliens, dans le Val-de-Marne, se trouvent privés d'accès au téléphone et à internet depuis mardi, car leur opérateur, Orange, a été victime d'actes de sabotage. Sabotage apparemment méthodiquement préparé : neuf sites stratégiques d'Orange ont été visés simultanément.

Plusieurs points du réseau fibre d'Orange ont été volontairement mis hors service
Plusieurs points du réseau fibre d'Orange ont été volontairement mis hors service © Maxppp / Richard BRUNEL

C'est un désagrément dont ils se seraient bien passés, en cette période confinée où le téléphone et l'internet sont si précieux. Dans le Val-de-Marne, ils sont depuis mardi, des dizaines de milliers à ne plus être connectés aux autres, ni à leurs proches, dont ils voudraient prendre des nouvelles, ni à leurs enseignants, pour ceux qui avaient des cours en ligne, ni à leurs employeurs pour ceux qui étaient en télétravail. Tous victimes du vaste sabotage qui a visé Orange, et affecté par ricochets plusieurs autres opérateurs. Sabotage d'envergure qui a fait des milliers et des milliers de victimes collatérales : particuliers, entreprises, mais aussi institutions. Même l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges a été affecté ; heureusement, il avait un système de secours qui a fonctionné en relais.

Neuf sites ont été sabotés, quasi simultanément, semble-t-il. Neuf lieux normalement bien protégés, qui sont ce qu'Orange appelle "des chambres de répartition", des lieux accessibles aux seuls techniciens, où les câbles s'entremêlent, distribuant la fibre optique. Dans chacun de ces lieux, les portes ont été forcées, confirme un magistrat du parquet de Créteil, chargé de diriger l'enquête. Et selon les premiers éléments de l'enquête, les câbles ont été sectionnés à la disqueuse, selon Orange qui a publié des photos sur l'un de ses comptes twitter.

Une enquête compliquée

Il n'y avait pas de vidéosurveillance sur les sites sabotés. Les enquêteurs traquent donc depuis mardi les moindres parcelles d'ADN retrouvées sur place, ou tentent d'exploiter la téléphonie de potentiels suspects. 

L'une des pistes que la police veut creuser, est celle de l'ultra-gauche radicale, qui avait appelé depuis le début du confinement à des actes de vandalisme. Le Ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait d'ailleurs pointé du doigt quelques actes de vandalisme attribués à cette ultra-gauche, cherchant à viser des symboles de la République, ou de la société de consommation. Depuis plusieurs semaines, les policiers du renseignement suivaient ainsi de près des militants de l'ultra-gauche, mais aussi de l'ultra-droite, ou des milieux islamistes radicaux. Les extrêmes profitant souvent des crises, fait remarquer un spécialiste.

Dans cette enquête, confiée à la brigade criminelle parisienne, une seule personne a été interpellée pour l'instant : un homme repéré mercredi en fin d'après-midi à Villeneuve-le-Roi, alors qu'il bricolait un boîtier de fibre optique. L'homme a passé la nuit en garde à vue, et il a été libéré ce jeudi matin sans aucune charge. Après vérification, la police a réalisé qu'il s'agissait d'un simple réparateur !

"Les réparateurs vont continuer à faire leur possible pour rétablir, au plus vite, les connexions sabotées", assure un porte-parole d'Orange. Mais à cause des règles de distanciation sociale liées à la crise sanitaire, seuls quelques réparateurs masqués peuvent travailler, dans les lieux sabotés, qui sont des endroits exigus. Avec plus de monde sur le pont, la réparation aurait été plus rapide. Là, il n'y aura sans doute pas de retour à la normale pour tous les clients d'Orange affectés avant lundi 11 mai, reconnaît Orange.

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.