27 personnes sont jugées pendant plusieurs semaines à Paris, accusées d'avoir collecté les recettes du trafic de cannabis pour amener le cash à Dubaï et le transformer en or.

Il s'agit d'un des plus importants réseaux de blanchiment d'argent de la drogue jamais démantelés en France.
Il s'agit d'un des plus importants réseaux de blanchiment d'argent de la drogue jamais démantelés en France. © AFP / Stéphane Puchner

Des dizaines de millions d'euros ont ainsi été "blanchis" en quelques années entre 2010 et 2014 dans ce dossier baptisé "Rétrovirus". Ce réseau dit "rétrovirus" avait pris la suite du réseau virus, un dossier pas encore jugé où l'argent de la drogue se mêlait à celui de la fraude fiscale et où une élue écologiste est mise en cause.

Les banquiers de la drogue seront les grands absents du procès, ceux que l'on appelle les "sarafs" vivent au Maroc ou à Dubaï d'où ils n'ont pas été extradés. Les prévenus sont les convoyeurs et les collecteurs de l'argent du cannabis, comme cet étudiant d'une trentaine d'années chez qui les enquêteurs ont retrouvé une compteuse à billets et une comptabilité précise. Avec son équipe, il allait ramasser des sacs de billets en vrac à des contacts donnés depuis le Maroc pour quelques 180 millions d'euros en quatre ans.

Du cash jusqu'à Dubaï

Un autre réseau transportait le cash jusqu'à Dubaï où des bureaux de change complices injectaient l'argent dans les circuits bancaires. L'argent pouvait aussi servir à acheter de l'or de provenance douteuse en Belgique. Les convoyeurs prenaient ensuite l'avion chargés de plusieurs kilos de métal précieux afin d'alimenter de la contrebande d'or en Inde.

Les prévenus sont chômeurs, ambulancier, chauffeur de taxi et souvent sans casier judiciaire. Ces gens ordinaires, qui ont entre 25 et 71 ans, sont "tombés dans l'argent facile" résume un avocat. Les juges estiment eux qu'ils étaient bien conscients de blanchir de l'argent sale même si les précautions prises dans leurs contacts n'ont pas permis de remonter jusqu'aux trafiquants de drogue.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.