Le nouveau procès d’Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, symbole du terrorisme meurtrier des années 1970 et 1980, s'ouvre lundi à Paris.

 Ilich Ramirez Sanchez en 1970 et en 2013
Ilich Ramirez Sanchez en 1970 et en 2013 © AFP

La justice lui impute une série d'attentats qui ont fait 13 morts et 225 blessés en France entre 1974 et 1983. Il va être jugé à partir de ce lundi, pour l'attentat contre le drugstore Publicis Saint-Germain, en 1974, qui a fait 2 morts et 34 blessés.

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La vie de Carlos, de son vrai nom Ilich Ramirez Sanchez, ressemble à un film. C’est probablement pour ça qu’il en a inspiré plusieurs.

De Ilitch à "Carlos"

Une vie de terroriste international qui se terminera en prison – avant ce nouveau procès, Carlos a déjà été condamné deux fois à la réclusion à perpétuité – et qui a commencé il y a 68 ans à Caracas, au Vénézuela, au sein d’une famille aisée et communiste.

Son père est un avocat d'affaires marxiste. Il appelle ses trois enfants Ilich (le patronyme de Lénine), Lenin et Vladimir, les élève dans le marxisme léninisme et les encourage à adhérer aux Jeunesses communistes.

Ilich Ramirez Sanchez fait des études à Mexico, Miami, Londres et Moscou à l'université Patrice-Lumumba, grâce à une bourse obtenue par le Parti communiste du Venezuela, mais se fait expulser en 1970 pour "provocations antisoviétiques et vie dissipée", à cause de son goût pour l'alcool et les femmes.

Selon son frère Lenin, c’est à Moscou que Ilich décide d’entrer dans la lutte armée pour "affronter l’impérialisme" et pour la "défense d’un Etat palestinien". A cette époque il se rend dans un camp d'entraînement de la guérilla tenu par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), à Amman, en Jordanie. C’est là qu’il devient "Carlos", le protégé de Wadi Haddad, dirigeant très radical du Front et chef des opérations extérieures.

Attaques à la bombe en série

Plusieurs assassinats et attentats lui sont attribués les années suivantes à Londres et à Paris. Notamment la tentative d’abattre des avions israéliens au lance-roquette à Orly, ou l'attentat commis au drugstore Publicis, à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes, le 15 septembre 1974. Deux jours avant, il est impliqué dans la prise d'otages de l'ambassade de France à La Haye par "l'Armée rouge japonaise" pour la libération d'un des siens détenus en France, et, en décembre 1975, il est responsable de la prise en otage à Vienne des ministres du pétrole de l'OPEP (3 morts). Le 27 juin 1975, Carlos tue deux policiers et en blesse un troisième rue Toullier, à Paris Ve, avant de s'enfuir.

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Entre 1982 et 1983 quatre attentats à la bombe sont commis en France : contre le train Le Capitole Paris-Toulouse (mars 1982), rue Marbeuf à Paris (avril 1982), à la gare de Marseille et dans un TGV Marseille-Paris (décembre 1983). Ces attentats font 11 morts et 191 blessés. Des actions destinés à obtenir la libération de sa compagne, Magdalena Kopp, et de Bruno Bréguet, arrêtés à Paris alors qu'ils allaient commettre un attentat à la voiture piégée.

En prison, la conversion à l'islam

Carlos retrouve Magdalena Kopp en 1985 à Damas, en Syrie. Ils y donnent naissance à une fille. Obligé de quitter le pays qui n'a plus envie de lui offrir l'hospitalité, il trouve refuge en 1991 au Soudan où il sera capturé en août 1994 et exfiltré par des policiers de la DST.

Incarcéré en France depuis, Carlos a déjà été condamné à deux reprises à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers en 1975 à Paris et pour les quatre attentats à l'explosif en 1982 et 1983, à Paris, Marseille et dans deux trains.

Carlos a épousé religieusement en 2001 son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre, et s'est converti à l'islam en 2003. Il a publié un livre depuis sa prison : "L' islam révolutionnaire".

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