Alors que Carlos Ghosn est sous le coup, ce lundi, d'une quatrième inculpation par la justice japonaise pour détournement de fond, retour sur les principaux rebondissements depuis la première arrestation, à l'automne 2018, du patron déchu de la firme Renault-Nissan-Mitsubishi.

Des images de Carlos Ghosn à la télé japonaise le 4 avril dernier, lors de son retour en prison.
Des images de Carlos Ghosn à la télé japonaise le 4 avril dernier, lors de son retour en prison. © Getty / Takashi Aoyama

19 novembre, première arrestation à Tokyo

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn est arrêté à son atterrissage à Tokyo, de même que son bras droit Greg Kelly. Ils sont placés en garde à vue dans un centre de détention. Le dirigeant franco-libano-brésilien, aujourd'hui âgé de 65 ans, est soupçonné d'avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015. Le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, affirme qu'il est soupçonné "de nombreuses autres malversations". 

20 novembre, révocation par Nissan et Mitsubishi 

Le 20 novembre, le conseil d'administration (CA) de Renault confie "à titre provisoire" la direction exécutive du groupe à son numéro deux, Thierry Bolloré. Carlos Ghosn est révoqué de la présidence du CA de Nissan deux jours plus tard. Les actionnaires valideront ce choix le 8 avril 2019. 

Le 26 novembre, le CA de Mitsubishi Motors limoge à son tour le patron du géant de l'automobile, alors que les gouvernements français et japonais réaffirment leur soutien à l'alliance. Le 10 décembre, Carlos Ghosn et Kelly sont inculpés pour dissimulation de revenus sur la période 2010-2015.  

Le 13, le CA de Renault confirme pourtant Carlos Ghosn à son poste de PDG, arguant de la présomption d'innocence et jugeant légale sa rémunération française. 

21 décembre, nouveau mandat d'arrêt

Quatre jours avant Noël, Carlos Ghosn dément les soupçons d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008. Greg Kelly, lui, est libéré sous caution le 25 décembre. 

Le 8 janvier 2019, première comparution

Carlos Ghosn comparaît pour la première fois à sa demande devant le tribunal de Tokyo. Il affirme avoir été "faussement accusé et détenu de manière injuste". Le juge justifie sa garde à vue prolongée par un risque de fuite et d'altération des preuves.  

Janvier 2019, départ de Renault  

Le 11 janvier, Carlos Ghosn est mis en examen pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. L'État français prend acte et demande, le 16 janvier, la désignation d'un successeur à Carlos Ghosn. 

Le 22, sa demande de libération sous caution est rejetée. Le lendemain, il démissionne de la présidence de Renault. Le CA du constructeur français intronise un tandem pour le remplacer : le patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, prend la présidence et Thierry Bolloré la direction générale. 

Le "complot" comme ligne de défense 

Le 31 janvier 2019, Carlos Ghosn répond pour la première fois depuis son arrestation à des journalistes de médias non-japonais. Interrogé depuis sa prison, il dénonce "un complot" ourdi par Nissan pour empêcher un projet d'intégration plus poussée avec Renault. Carlos Ghosn clamera de nouveau son "innocence", désignant des responsables dont les noms sont coupés au montage, dans une vidéo diffusée le 9 avril.  

Février : retour sur un mariage à 50 000 euros

Le 7 février, Renault annonce signaler à la justice française que son ancien patron a reçu pour son "bénéfice personnel" - l'organisation de son mariage en octobre 2016 - un avantage en nature d'une valeur de 50.000 euros dans le cadre d'une convention de mécénat signée avec le Château de Versailles en 2016. Le parquet de Nanterre ouvre une enquête préliminaire le 11 mars. 

Mars : libération sous caution… et nouvelle inculpation

Le 13 février, le principal avocat de Carlos Ghosn se retire du dossier. Il est remplacé par l'avocat vétéran Junichiro Hironaka. Le 5 mars, un juge accepte la libération de l'ex-PDG sous caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros) et sous strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le Japon. Fin mars, Renault signale à la justice plusieurs millions d'euros de paiements suspects, via la société distribuant les véhicules du groupe à Oman. 

4 avril : retour à la case prison

Le 4 avril, le parquet japonais arrête de nouveau Carlos Ghosn. Des flux similaires à ceux signalés par Renault ont été détectés chez Nissan "pour le bénéfice personnel" du suspect, selon les procureurs. Le 11, l'épouse de Carlos Ghosn, Carole, est entendue en tant que témoin dans ce volet de l'affaire.  

22 avril : inculpé pour la quatrième fois

Le 22 avril, à l'issue de sa garde à vue et après plusieurs recours infructueux, Carlos Ghosn est de nouveau inculpé pour ces faits qualifiés d'abus de confiance aggravé. 

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