la sncf et rff devant la justice en septembre pour l'accident de brétigny-sur-orge
la sncf et rff devant la justice en septembre pour l'accident de brétigny-sur-orge © reuters

Le déraillement du Paris-Limoges, en juillet 2013, avait fait sept mort. Aujourd'hui la SNCF demandé aux juges d'instruction des compléments d'expertise. La compagnie ferroviaire a des doutes sur les boulons qui ont été placés sous scellés

Le déraillement d'un train en gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, avait été provoqué par le retournement d'une éclisse, sorte d'agrafe métallique de 12 kilos qui maintient deux rails attachés l'un à l'autre. Sur les quatre boulons qui fixaient cette éclisse au rail, trois étaient absents le 12 juillet 2013, selon les conclusions des experts judiciaires. Les experts avaient également sévèrement mis en cause les règles de maintenance.

Dans sa demande, transmise le 19 janvier à la justice, la SNCF regrette que:

Se contentant d'expliquer que les têtes de boulons auraient rompu par fatigue, les experts n'ont fourni aucune explication à l'absence incompréhensible des écrous sur les vis. Pourtant, le dévissage accidentel d'un écrou oxydé est techniquement hautement improbable.

La compagnie ferroviaire estime que:

Il ne peut y avoir que deux hypothèses : soit les pièces placées sous scellés ne sont pas les bonnes, soit les écrous ont été dévissés par une action volontaire.

Si les écrous ne sont pas les bons, c'est tout un pan de l'accusation qui s'effondre

On s'attendait à ce que la SNCF conteste les expertises rendues l'été dernier, qui sont accablantes, et qui avaient entrainé sa mise en examen pour homicide involontaire ainsi que celle de RFF, Réseau Ferré de France. Pour les experts judiciaires l'accident est dû à l'usure de l'aiguillage qui était selon eux dans un état de délabrement jamais vu ailleurs.

Encore faut-il démontrer que le Paris Limoges a déraillé précisément à cause de la rupture de certaines pièces et donc avoir les bonnes pièces. Peu après l'accident un avocat des parties civiles avait lui-même dénoncé le fait que le parquet d'Evry tardait à nommer des experts pour procéder aux premières constatations. La SNCF s'appuie aussi sur le fait que l'expertise métallurgique n'avait commencé que huit mois après l'accident, sans doute pour une question de budget. La SNCF s'est donc emparé de ce point faible, ce n'est sans doute pas un hasard si elle a récemment changé d'avocats -. Décidément soupire un proche de l'enquête, ce dossier est pourri.

L'accident de Bretigny
L'accident de Bretigny © Radio France
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