Pour tenter de casser les trafics d'armes et les importations trop faciles de kalachnikov en France, Bernard Cazeneuve détaillera ce vendredi après midi à Nanterre son plan de lutte contre les trafics d'armes.

On connaissait les méthodes musclées de la lutte anti drogue, les voilà revenues sur le terrain du trafic d’armes. Une manière pour le ministère de l’Intérieur de saisir la mesure du problème des importations trop faciles d’armes de guerre sur le territoire. Bernard Cazeneuve détaillera à cet égard les grandes lignes de son plan.

80% des armes utilisées sont des armes légales volées

Devraient s’y trouver, pêle-mêle : la création d'un service central installé place Beauvau, la généralisation d'un nouveau fichier d'identification balistique, l’installation d'une unité permanente de renseignement dans les Balkans. Des opérations d’achat, des opérations de contrôle plus fréquentes dans certains quartiers sensibles, comme à Marseille et chez les détenteurs d'armes légales : 80 % des armes utilisées pour des braquages viennent en effet de cambriolages et de vols d'armes légales. Enfin, sous l'autorité conjointe des préfets et des procureurs de la République, et sur le modèle d’opérations menées aux Antilles, les citoyens seront invités à "déposer les armes", c’est à-dire, à remettre les armes irrégulièrement détenues pour qu’elles puissent être neutralisées.

Agent sous couverture et cyberpatrouilles

Concrètement, plusieurs agents en poste et permanents seront déployés dans les Balkans pour améliorer la coopération et le renseignement. En France, des agents sous couverture pourront se faire passer pour des acheteurs de Kalachnikov, y compris sur Internet, où des cyberpatrouilles tenteront de dénicher les sites de contrebande. Les opérations de contrôles musclées dans des sous-sols d'immeubles tenus par des groupes criminels comme on l'a vu récemment à Marseille devraient être systématisés. Jusque là, les renseignements obtenus en amont étaient éparpillés entre les ministères de l’Intérieur, la Justice et la Défense. Ils seront désormais centralisés dans un nouveau service dédié place Beauvau.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.