La présidente Anne Leprieur par Othilie Pournain
La présidente Anne Leprieur par Othilie Pournain © Esba TALM - Angers

En première instance, il disait de lui qu’il n’était « pas un militant de l’euthanasie ». Pour son procès en appel, Nicolas Bonnemaison a encore un peu plus affiné sa ligne de défense : il réfute clairement, régulièrement, toute intention d’abréger la vie des patients pour lesquels il a pratiqué des injections.

Au sujet de monsieur Geffroy, homme de 92 ans hospitalisé après un accident vasculaire cérébral, Nicolas Bonnemaison explique lui avoir administré une ampoule d’Hypnovel, un puissant sédatif : « en aucun cas l’intention est de mettre fin aux jours du patient concerné, l’objectif c’est la sédation. On ne sait pas si la vie du patient va être abrégée du fait de l’utilisation d’Hyprnovel. Le patient peut être encore vivant quelques dizaines de minutes, quelques heures. »

Puis, au sujet de madame Buille, elle aussi admise à l’hôpital après un AVC et qui respirait par « gasp », ces mouvements respiratoires non contrôlés, très impressionnants « pour tout le monde » :

La présidente : mais est-ce qu’on sait si ces patients qui ont des gasp souffrent ?

  • L’accusé : puisqu’on n’a pas de certitude, il faut imaginer le pire. Il faut sédater ces patients.

Avant d’ajouter : « j’insiste particulièrement sur ce point : l’intention n’est en aucun cas de provoquer le décès, ce n’est pas ça qui guide la démarche thérapeutique. »

Pendant l’instruction pourtant, Nicolas Bonnemaison avait revendiqué vouloir donner la mort à ces patients en extrême fin de vie. Dans tous les cas d’ailleurs, leur décès est intervenu « très rapidement » après l’injection.

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