Verdict surprise vendredi soir à la cour d’assises de Riom. Les jurés ont choisi de départager le beau-père et la mère de la petite Fiona, dont le corps n'a jamais été retrouvé

Après un verdict qui a surpris, un second procès en appel permettra peut-être de savoir enfin la vérité sur la mort de Fiona
Après un verdict qui a surpris, un second procès en appel permettra peut-être de savoir enfin la vérité sur la mort de Fiona © Maxppp / Remi Dugne

Berkane Makhlouf a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, pour violences volontaires ayant entraîné la mort. Faute d’élément probant, la mère de Fiona, Cécile Bourgeon, a été acquittée des faits criminels, et condamnée à cinq ans de prison pour plusieurs délits, dont non assistance à personne en danger et recel de cadavre. Elle est également déchue de l’autorité parentale sur ses deux enfants (la petite sœur de Fiona et le petit garçon qu’elle a eu avec Berkane Makhlouf).

Un verdict accueilli, en dehors du palais de justice, par les hurlements et injures de quelques dizaines de personnes.

Ils ont attendu cinq heures devant la cour d’assises pour entendre le verdict. Parmi ceux qui injurient Cécile Bourgeon au passage du fourgon pénitentiaire, certains avaient participé aux recherches de la petite Fiona. Leur colère d’avoir été trompés ne justifiait pas pour autant une condamnation, explique Me Renaud Portejoie, qui défend Cécile Bourgeon : "Le droit l'a emporté sur la rue et la Cour d'assises, avec o, a su se départir de l'émotion a su rendre la justice sereinement. Elle est condamnée su la base des faits qu'elle reconnaissait à savoir la dénonciation mensongère et la non assistance de personne en danger. Pas plus. Elle a toujours contesté les coups, elle est acquittée pour les coups mortels".

Le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, bouleversé, est sorti pendant la lecture du verdict ; déçu et amer, comme son avocat, Charles Fribourg : "Son acquittement partiel est fondé sur un mensonge et une manipulation"

La cour a expliqué qu’il n’y avait que la parole de Berkane Makhlouf pour incriminer Cécile Bourgeon. Mais pour Mohamed Khanifar, l’avocat de Berkane Makhlouf, le contraire était tout aussi vrai.

Mohamed Khanifar : "C'est une injustice car c'est Cécile Bourgeon qui l'accable. Sa première réaction est de dire 'cette condamnation m’attribue la qualité de criminel' et ça il ne le supporte pas'"

Berkane Makhlouf devrait faire appel de la décision, ainsi que le parquet, pour un nouveau procès du couple que tout le monde espère plus serein.

Pourquoi Berkane Makhlouf a-t-il été condamné, et pas Cécile Bourgeon, pour les coups mortels sur Fiona ?

Pour Me Marie Grimaud, de l’association Innocence en danger, partie civile au procès, cela reste tabou d’ imaginer qu’une mère puisse frapper son enfant.

Me Marie Grimaud : C'est une vérité judiciaire qui est extrêmement difficile à comprendre, il faudra du temps pour cela. On a un tabou en France : "une mère ne peut pas mettre fin à la vie de son enfant, un préjugé qu'il faudra combattre encore longtemps. Il y a des leçons à retenir : Il faut travailler sur ce rôle de mère et quand la justice est privée d'un corp ne pas avoir peur de juger sans corps, ce qui aura été le gros obstacle.

Comment comprendre ce verdict ?

Des débats frustrants, suivi d’un verdict difficile à comprendre : voilà ce qui ressort des deux semaines d’un procès qui s’est tenu dans une ambiance souvent tendue, sous la pression de la foule massée dehors. Entravée par une mauvaise tenue des débats, la parole des accusés n’a jamais pu se libérer. Berkane Makhlouf et Cécile Bourgeon sont restés enfermés dans leurs trous de mémoires et leurs contradictions, échouant à livrer un récit clair de ce qui était arrivé à Fiona. Dans le doute, pourtant, lui est condamné pour coups mortels, et pas elle, sur la seule foi de leurs paroles respectives. Sans doute, le passé de Berkane Makhlouf, violent avec ses ex compagnes, même s’il jure n’avoir jamais frappé un enfant, a joué contre lui. L’absence de corps a entretenu le flou et la confusion sur les causes de la mort de Fiona.

Un flou dont les avocats de Cécile Bourgeon se sont très intelligemment emparés, expliquant qu’on ne saurait condamner sans preuves. Est-ce la victoire du droit sur l’opinion, qui voue une véritable haine à cette mère menteuse? Ou celle de la manipulation de la jeune femme, qui donne le sentiment de ne pas avoir tout dit ?

Un second procès en appel permettra peut-être, on l'espère, d’y voir plus clair.

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