Acquittée des faits criminels en première instance, la mère de Fiona espère une confirmation de ce verdict pour sortir très vite de prison.

La mère de Fiona, Cécile Bourgeon, est apparue plus posée, plus lucide, au deuxième jour du procès en appel.
La mère de Fiona, Cécile Bourgeon, est apparue plus posée, plus lucide, au deuxième jour du procès en appel. © AFP / Benoit PEYRUCQ

Au deuxième jour du procès en appel de la mère et du beau-père de Fiona, devant la cour d’assises de la Haute Loire, Cécile Bourgeon s'est exprimée longuement mardi.

Elle avait été acquittée des faits criminels en première instance (les coups mortels) et condamnée à 5 ans de prison pour plusieurs délits, notamment la dissimulation du corps de sa fille, qui n’a jamais été retrouvé. Berkane Makhlouf avait, lui, été condamné à 20 ans de réclusion. L'enjeu de ce procès, pour la mère de Fiona, c'est d'obtenir une confirmation de ce verdict, qui lui permettrait de sortir très vite de prison (elle est incarcérée depuis plus de 4 ans).

Plus posée, sans agressivité ni déclarations fracassantes, comme quand elle disait l’an dernier "vouloir plein d’autres enfants" en sortant de prison, c’est une Cécile Bourgeon différente que l’on a vue à la barre.

"Moins de cachetons pour voir la réalité en face"

Interrogée sur sa personnalité, l'accusée est notamment longuement revenue sur son mal-être qui dure, dit elle, depuis l’enfance. Un changement réel et sincère... Ou une stratégie de défense ?

Difficile de trancher. Cécile Bourgeon parle d’une voix calme et monotone. Depuis un an, elle suit une thérapie avec un psychologue, en prison. "J’ai accepté de prendre moins de cachetons" dit-elle, "pour voir la réalité en face". Le président l’interroge sur les lettres d’amour qu’elle reçoit, sur ses projets sentimentaux ? "Franchement ? J’ai pas envie, je crois plus au prince charmant", balaie-t-elle. La psychologue a noté une évolution, un discours "plus authentique".

L’avocate de l’association Innocence en danger, Marie Grimaud, n’est pas convaincue : "Pour l'instant je ne la vois pas, l'authenticité." Si elle reconnaît le changement de posture, Me Grimaud y voit "une manipulation encore à l'œuvre, il va falloir la déconstruire".

Derrière le ton un peu lisse, les phrases convenues - "j’ai échoué en tant que mère, je porte ce fardeau" - Cécile Bourgeon laisse aussi transparaître une souffrance très ancienne, celle d’une jeune femme qui se scarifie depuis l’adolescence, "pour faire sortir la douleur", dit-elle. Divorce de ses parents à 5 ans, violences de son père, échecs scolaires marquent son enfance. Pour son avocat, Renaud Portejoie, sa sincérité ne fait pas de doute : "Elle s'est quand même livrée pendant plusieurs heures. Je ne crois pas que l'on puisse mentir à une cour d'assises lorsque l'on s'explique sur des élements aussi personnels et parfois douloureux."

Sincère, ou manipulatrice ? La vraie Cécile Bourgeon oscille sans doute quelque part entre les deux.

La cour devrait commencer ce mercredi 11 octobre l'examen des faits, le procès est prévu jusqu'au 20 octobre.

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