Le militant, devenu le symbole de l'aide aux migrants à la frontière franco-italienne, a demandé jeudi, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, la levée de son contrôle judiciaire, en place depuis le 24 juillet 2017.

Cédric Herrou a demandé jeudi la levée de son contrôle judiciaire
Cédric Herrou a demandé jeudi la levée de son contrôle judiciaire © Maxppp / La Provence / Serge MERCIER

Cet agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, milite activement depuis trois ans pour venir en secours aux migrants. Il les accueille notamment dans sa ferme, les transporte à l'occasion, les aide dans leurs démarches. Cela lui a valu de nombreux ennuis avec la justice : neuf gardes à vues, cinq perquisitions, et une condamnation à quatre mois de prison avec sursis, qu'il conteste en cassation.

Mais le 6 juillet dernier, Cédric Herrou a remporté une victoire : le Conseil constitutionnel, qu'il avait saisi avec ses avocats, a consacré le "principe de fraternité".  Pour les Sages, nul ne peut être poursuivi pour avoir aidé au séjour et à la circulation de personnes en situation irrégulière, si cela se fait sans contrepartie. Il reste en revanche illégal d'aider des personnes à traverser la frontière.

Pour autant, l'agriculteur militant est toujours sous le coup de plusieurs poursuites judiciaires. Il est depuis un an sous contrôle judiciaire, qui lui interdit de quitter la France. Jeudi, devant la cour d'appel d'Aix en Provence, il a demandé la levée de la mesure.

Le 24 juillet 2017, Cédric Herrou est arrêté en gare de Cannes avec 156 étrangers, la plupart originaires du Soudan. L’agriculteur les accompagnait en train, depuis Breil-sur-Roya, jusqu’à Marseille, pour aller déposer leur demande d’asile.  Mis en examen pour aide à l'entrée et au séjour de clandestins, il est depuis sous contrôle judiciaire : "Interdiction de sortir du territoire, d'approcher les gares explique Cédric Herrou. Il faut savoir que j'habite près de la frontière franco-italienne, donc pour aller à Nice, la route la plus directe c'est de passer par l'Italie. Et surtout l'impossibilité d'aller à l'étranger pour continuer un mon combat politique et pour parler de la question migratoire. J'ai l'impression d'être condamné avant même d'être jugé."

Pourtant, le Conseil constitutionnel vient de consacrer le principe de fraternité, qui rend licite l'aide au séjour et à la circulation. Mais en attendant sa traduction dans la loi, la pression sur Cedric Herrou ne diminue pas : "il y a cinq postes de gendarmes autour de mon domicile, jour et nuit, qui surveillent et qui font des contrôles d'identité, systématiques, de toutes les personnes qui rentrent et qui sortent de mon domicile. Ils veulent la peau de Cédric Herrou, ça c'est évident. Ils ne veulent pas lâcher prise sur ma personne, mais ça ce n'est pas très grave. Moi mon but final c'est que dans l'ensemble ça avance."

A l'audience, le parquet a demandé le maintien du contrôle judiciaire. Au nom, notamment, de sa mise en examen pour aide à l'entrée sur le territoire, qui reste un délit. Même si l'agriculteur l'assure : il n'est pas allé chercher ces migrants en Italie.

La décision de la cour d'appel d'Aix sera connue dans la matinée de vendredi. 

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