Instant d'audience par Thomas Mélandre
Instant d'audience par Thomas Mélandre © Esba TALM - Angers

Après plus de sept jours d’audience, on a déjà tout entendu ou presque sur l’usage du curare et de l’Hypnovel, sur les sédations en fin de vie, les râles de l’agonie, les gasps qui surviennent juste avant la mort, la solitude du médecin ou la collégialité des décisions.

On a surtout l’impression d’avoir entendu tout et son contraire, d’avoir été le témoin d’interprétations aussi diverses que le flou législatif le permet.

Puis, Claude Ecoffey arrive à la barre. Ou, plus précisément, il apparaît sur l’écran de lavisioconférence établie avec le palais de justice de Rennes d’où il est entendu.

Claude Ecoffey est président de la société française d’anesthésie et de réanimation, une de ces “sociétés savantes” dont il a tant été question au cours de ce procès. Son propos liminaire dure cinq minutes, à peine :

« Dans tous les cas, lorsqu’on est confronté à un patient en fin de vie. Il y a toujours un certain degré de colloque singulier entre le patient et le médecin. Et ça, on ne pourra par légiférer dessus. Lorsqu’on donne des antalgiques pour limiter la douleur, parfois l’agonie donne plusieurs heures voire plusieurs jours et on peut être amené à associer un sédatif puissant. Effectivement, ce n’est pas classique d’utiliser le Norcuron mais si on a bien des sédatifs, cela ne va pas changer fondamentalement le problème. C’est difficile de demander à la famille ce qu’elle en pense car elle peut avoir un remord après.»

Tous les points de questionnement du procès y sont résumés.

Instant d'audience par Matthieu Boucheron
Instant d'audience par Matthieu Boucheron © Esba TALM - Angers

A tel point que Me Dupin, avocat de Nicolas Bonnemaison, insiste, profite de ce témoin d’autant plus providentiel qu’il “a été cité par l’accusation”: “dans le cas décrit, est-ce que le docteur Bonnemaison a délibérément donné la mort ?

Claude Ecoffey n’hésite pas : “non, il n’a pas donné la mort. Il a fait une sédation terminale qui fait que la fin de vie de cette patiente a été probablement meilleure.”

► ► ► ALLER PLUS LOIN| L'affaire Bonnemaison : dossier complet et procès en live

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.