Pour le président, Gabriel Steffanus, la tâche s’annonce ardue. Juger un des meurtriers les plus tristement célèbres de France, pour des faits qui remontent à près de 28 ans et dans une affaire qui a valu à Patrick Dils quinze ans de prison pour rien.

Alors, peut-être parce que la justice n’a pas toujours été exemplaire dans cette affaire, Gabriel Steffanus entend exercer son rôle le plus consciencieusement possible. Face à cette « procédure hors norme », comme il la qualifie lui-même, l’homme à la robe rouge ne laisse échapper aucun détail : la météo qu’il faisait le jour des crimes, les rues de la commune de Montigny-les-Metz que les enfants du voisinage avaient l’habitude d’emprunter, la taille des deux jeunes victimes mais aussi les 83 coups de tournevis assenés, dans une autre affaire, au petit Joris Viville, 9 ans à l’époque ou les six coups de couteaux fatals à Aline Pérès, tuée sur une plage du Finistère.

Le ton est grave, parfois mélodramatique, les silences pesés. Les faits, mêmes si déjà connus depuis longtemps, suscitent toujours l’effroi. Ils laissent la mère de Cyril Beining en pleurs, soutenue par son avocate. Ils laissent en revanche Francis Heaulme impassible. Tout juste s’il remue sa proéminente mâchoire, dans une sorte de machouillis permanent. Sans quitter le président des yeux.

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