François Molins, procureur de la République de Paris
François Molins, procureur de la République de Paris © Reuters / Benoit Tessier

Trois terroristes ont été tués en conclusion de deux prises d'otages, une suspecte est toujours en fuite, et il reste encore beaucoup à apprendre sur les causes et les facteurs qui ont provoqué la tuerie à Charlie Hebdo.

Car on en sait finalement peu sur le "pourquoi" de ces trois jours de violence et de tension. Dans une vidéo diffusée vendredi soir, un responsable religieux d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique s'est bien réjoui de l'attaque en France, mais sans en revendiquer la paternité. D'ailleurs, l'organisation de l'État islamique s'en était elle aussi félicité, mais à aucun moment n'avait voulu y apposer son label. Et ce ne sont pas les déclarations de deux des preneurs d'otages vendredi, affirmant chacun être soutenu et financé par une organisation terroriste différente et concurrente (Al-Qaïda et État islamique) qui éclairent la situation.

"Il y a eu des failles"

Dans une conférence de presse vendredi soir, le procureur de la République de Paris, François Molins, se posait d'ailleurs publiquement les mêmes questions.

L'enquête va devoir s'attacher à déterminer les éventuelles complicités, le financement, la provenance des armes.

Il a également regretté des erreurs, comme la divulgation trop rapide par des médias et donc, indirectement, des sources proches de l'enquête, de l'identité des deux tueurs de Charlie Hebdo, qui a pu selon lui perturber le bon déroulement de leur traque.

De son côté, Manuel Valls s'interroge désormais sur le "comment" : comment de tels profils ont-ils pu échapper à la vigilance des services de renseignements ? "Quand il y a 17 morts, oui, c'est qu'il y a eu des failles", reconnaît le Premier ministre, rappelant au passage les "centaines d'individus qui partent en Syrie et en Irak" pour se former au djihad.

"Il faut aller plus loin si nécessaire, mais sans précipitation et en respectant l'État de droit"

Il reste encore une montage de travail aux enquêteurs et aux responsables pour comprendre ce qui s'est passé depuis mercredi. Mais aussi pour éviter que cela ne se reproduise dans les mêmes conditions.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.