L'avocat général Olivier Tcherkessof par Thomas Melandre
L'avocat général Olivier Tcherkessof par Thomas Melandre © Esba TALM - Angers

Après une suspension d’audience, l’avocat général Olivier Tcherkessoff a poursuivi son réquisitoire en reprend les dossiers, au cas par cas, puis en évoquant la personnalité de Nicolas Bonnemaison avant de requérir la peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis, la même que celle réclamée lors du premier procès :

Il n’est bien entendu pas question de reprocher au docteur Bonnemaison ses hospitalisations en psychiatrie. Mais elles ne sont pas anodines, surtout quand elles se répètent dans le temps. Une hospitalisation en psychiatrie c’est toujours pour répondre à un profond mal-être.

C’est dans l’hypersensibilité à autrui qui monsieur Bonnemaison puise la conviction de la pertinence de sa démarche. Vous avez ici compris le danger que représente une auto-persuasion de ce type. Nous avons ici l’illustration de ce qu’a été un épuisement professionnel et personnel.

Ce procès a une certaine résonance médiatique.Trois ministres sont venus déposer à la barre. Certains ont voulu y voir l’expression d’enjeux entre les tenants de l’euthanasie, les tenants du suicide assisté et les tenants du développement des soins palliatifs. Mais l’enjeu d’un procès c’est toujours celui de l’homme que l’on juge pour ses actes. Non, monsieur Bonnemaison n’est pas un empoisonneur ou un assassin au sens commun. Il ne s’agit pas d’accabler un homme fragile et en souffrance dont tout démontre qu’il a été victime de son propre aveuglement, de ses propres limites.

L’échelle des peines vous laisse une latittude extrêmement large. Sachez seulement qu’une sanction assortie d’un sursis ne peut pas dépasser une peine de 5 ans d’emprisonnement.

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