La procédure vise un montant de 210.000 euros remis par Michel Gaudin à Claude Guéant
La procédure vise un montant de 210.000 euros remis par Michel Gaudin à Claude Guéant © MaxPPP

Le procès des primes de police est entré dans le vif du sujet jeudi. L’affaire concerne 210 000 euros des primes en liquide versées à quatre membres du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur entre 2002 et 2004. Au cœur du procès, une certaine Henriette...

L’argent était prélevé par le directeur de la police nationale, Michel Gaudin, sur les frais d’enquêtes. Le procès a repris ce vendredi matin, devant le tribunal correctionnel de Paris.

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La veille, les prévenus nous ont un peu perdus, entre les méandres de l’administration et leurs trous de mémoire. Mais ça, c'était avant l’évocation du fantôme d’Henriette .

Henriette a quitté le ministère de l’Intérieur en 2006, à 85 ans. Elle tenait le coffre-fort, sortait les billets à la demande du directeur de la police nationale, son supérieur direct, et elle tenait sa comptabilité dans un cahier à spirale qui partait à la broyeuse à la fin de chaque année .

Malgré l’amusement de la salle, Claude Guéant et Michel Gaudin ont tenu à saluer hier la mémoire d’Henriette, qui a emporté ses secrets dans la tombe en 2013, sans avoir pu être entendue par les enquêteurs . Son fantôme a en tout cas ramené l’audience à la réalité prosaique des faits, à l’argent qui circulait depuis des décennies au ministère de l’intérieur et même, c’est ce qu’on juge ici, juste après le scandale des fonds secrets supprimés en 2002.

La présidente finit par s’agacer devant ces anciens hauts fonctionnaires qui parlent de droit administratif et qui n’ont pas l’air de voir où est le problème à toucher des primes en liquide. "Le simple citoyen l’a compris, lui" , lance la magistrate. "J’ai versé 22 000 euros au fisc", lâche en désespoir de cause l’ancien préfet d’ile de France. La présidente le reprend : "Oui, après un redressement fiscal".

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