yvan colonna transféré à réau pour tentative d'évasion
yvan colonna transféré à réau pour tentative d'évasion © reuters

Le nationaliste corse Yvan Colonna a été transféré de la centrale d'Arles dans les Bouches-du-Rhône à celle de Réau en Seine-et-Marne à la suite de soupçons sur la préparation d'une tentative d'évasion.

Selon le porte-parole du ministère de la Justice, Pierre Rancé, ce transfert a été décidé à la suite "d'informations recoupées" faisant état d'un projet d'évasion "qui aurait pu être mené de façon violente et qui aurait pu impliquer Yvan Colonna" :

L'administration a adopté le principe de précaution au moment où la ministre a décidé un plan de sécurisation de 33 millions d'euros après l'évasion de Redoine Faïd le 13 avril, à Sequedin, dans le Nord.

Les précisions de Jean-Philippe Deniau

Yvan Colonna, 53 ans, a été condamné à la prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998. Selon une source proche de l'enquête, un autre détenu avait évoqué devant Yvan Colonna une possible évasion mais rien n'est venu conforter la réalité de ce projet.

Me Pascal Garbarini, le défenseur d'Yvan Colonna, a estimé qu'il s'agissait d'un "stratagème" de l'administration pour empêcher son transfert à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse), conformément à la loi sur le rapprochement familial :

C'est une honte, Yvan Colonna est en détention depuis 9 ans et n'a fait à ce jour l'objet d'aucune mesure disciplinaire.

L'avocat a souligné que l'administration pénitentiaire n'avait communiqué à la défense aucun élément permettant d'étayer les soupçons de préparation d'une évasion :

Cette difficulté intervient au moment où sa défense a contesté le statut de détenu particulièrement surveillé (DPS), qui est aujourd'hui le seul obstacle qui empêche Yvan Colonna d'être rapproché de la prison de Borgo, en Corse, où sa famille pourrait le voir encore plus facilement qu'elle ne peut le faire aujourd'hui à Arles.

L'avocat a dit ne pas pouvoir confirmer qu'Yvan Colonna voulait entamer une grève de la faim pour protester contre son transfert et a ajouté qu'il ne souhaitait pas que son client mène une telle action.

L'ancien berger et sympathisant nationaliste, arrêté dans le maquis après quatre ans de fuite en 2003, a toujours clamé son innocence. Il a saisi en février dernier la Cour européenne des droits de l'homme, considérant n'avoir pas eu droit à un procès équitable.

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