Quand vient l’heure de sa plaidoirie, Me Labrousse emploie son temps de parole à tenter de convaincre le tribunal de la légitimité du combat de la famille Bettencourt –Meyers, qu’il défend.

On a voulu les exclure, on a cherché à les calomnier, on a voulu les faire taire. Mais ils ont tenu bon. Ils sont là. Françoise, Jean-Victor et Nicolas constituent une famille qui manifestement dérange. Elle dérange le plan de fraude organisé au détriment de madame Liliane Bettencourt. A l’époque des faits, on cherche à l’éloigner. S’ils se rebiffent, alors on sort l’artillerie lourde. On porte des plaintes, on licencie, on fait le nettoyage. Non décidemment, on n’en veut pas de cette famille Bettencourt-Meyers

On a essayé de faire croire que c’était un vulgaire combat d’argent. On a voulu noircir l’action de cette famille en disant « tout ça c’est pour l’argent ». Mais qui sont ces gens pour dire une chose pareille ? Tous ceux qui ont touché toutes ces sommes ? Et pourtant ils ont tous eu un proche, une mère, une grand-mère et ils savent que le combat pour protéger celle qu’on aime, ce n’est pas un combat d’argent. Ce n’est pas un combat mercantile, c’est simplement la défense par une fille de sa mère par les petits-enfants de leur grand-mère. Vous les avez entendus parler de leur mère et de leur grand-mère et de toute la tendresse et le respect qu’ils lui portent. Je n’ai vu qu’un sentiment légitime, doux, fin et pudique entre membres d’une même famille. C’est une grande douleur pour eux de savoir leur mère et leur grand-mère abusée pendant tant d’années alors qu’elle était vulnérable. Car Mme Bettencourt était vulnérable.

On dénigre les personnes, on dénigre aussi le combat. On veut absolument faire croire que l’accusée c’est Mme Bettencourt, que c’est Mme Bettencourt qui va devoir affronter un procès où elle va devoir se défendre. Alors que c’est tout le contraire. L’éloignement va avec le dénigrement. Cette famille, on l’a éloignée largement. On a fait en sorte que toute tentative de rapprochement échoue.

Dans ce dossier, nous avons beaucoup de juristes : notaires, avocats. Et l’idée que je me faisais, mais probablement naïvement, c’était que, parce qu’on a la connaissance du droit, de la loi, parce qu’on a un rôle de conseil, on peut arrêter les choses. On peut dire « cela va trop loin ». On peut poser des questions, on peut demander des réponses. Et dans ce dossier, qu’avons-nous ? Me Normand qui fait des actes qui « lui brûlent les doigts », des « conneries », comme il dit. Qui fait des actes, « les jours pairs et les jours impairs ». Et puis Monsieur Bonduelle, qui ne craint pas d’affirmer qu’il serait une sorte de chambre d’enregistrement, qui reçoit des testaments, des actes médicaux et qui les placent dans un coffre, les regarde sans trop les regarder. Mais qui ne pose pas de questions, ne s’interroge pas plus que ça. Il y a aussi Me Wilhelm, qui devait être l’homme de la réconciliation, mais qui a totalement trahi la famille.

Ce que la famille Bettencourt-Meyers espère du tribunal, c’est qu’il reconnaisse dans son jugement son préjudice mais aussi la légitimité de son combat. Son combat pour l’unité familiale, pour la vérité, pour Liliane Bettencourt.

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