D'après un rapport d'Europol, le groupe Etat islamique pourrait modifier ses modes opératoires, et instrumentaliser des réfugiés syriens.

Pour terroriser les populations, l'EI privilégierait l'attaque de victimes indiscriminées (c'est-à-dire tout le monde) plutôt que de cibles choisies (comme les militaires).
Pour terroriser les populations, l'EI privilégierait l'attaque de victimes indiscriminées (c'est-à-dire tout le monde) plutôt que de cibles choisies (comme les militaires). © AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Premier constat : la France reste en haut de la liste des cibles potentielles. La Belgique, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et les Pays-Bas notamment sont aussi particulièrement menacés.

► ALLER PLUS LOIN | Le rapport Europol (en anglais)

Ces derniers mois, les attentats ou projets d'attentats sont venus d'individus plutôt isolés, inspirés par la propagande djihadiste ou téléguidés depuis la Syrie. Mais pour l'office européen de police, le groupe Etat islamique n'a pas renoncé aux opérations commandos. Selon certains services de renseignement, plusieurs dizaines de terroristes ont déjà été envoyés en Europe dans ce but...

A quoi risquent de ressembler les attentats de demain ? D'abord, à ceux d'hier explique Europol. Les terroristes n'ont pas besoin de changer un mode opératoire qui s'est montré terriblement efficace. Des armes automatiques, faciles à se procurer, surtout de la part de djihadistes qui ont un passé lié à la criminalité organisée. Des explosifs de type TATP (utilisé pour les attentats de Paris et Bruxelles), relativement simples à fabriquer, avec des produits disponibles dans le commerce.

voitures piégées?

Pour introduire en Europe un élément de terreur nouveau, ce qui est un peu la marque de fabrique du groupe Etat islamique, l'organisation pourrait utiliser des véhicules piégés. Le commando du 13 novembre l'avait d'ailleurs envisagé. L'organisation peut se procurer ou fabriquer des armes chimiques, comme le gaz moutarde qu'elle a déjà utilisé en Syrie. Elle s'intéresse aux armes biologiques.

Les cibles ? Là aussi les terroristes iront sans doute au plus facile. Pour faire de nombreuses victimes, les sites stratégiques comme les centrales nucléaires ne sont pas la priorité. Les cyber attaques non plus, même si l'EI développerait ses capacités dans ce domaine. Pour terroriser les populations, l'EI privilégierait l'attaque de victimes indiscriminées (c'est-à-dire tout le monde) plutôt que de cibles choisies (comme les militaires).

La Libye, nouvelle base arrière

Enfin, Europol souligne le risque que les djihadistes ne viennent recruter des Syriens ayant fui la guerre et n'infiltrent des camps de réfugiés. Des tentatives ont été signalées en Allemagne. Objectif du groupe Etat islamique : retourner l'opinion européenne contre les demandeurs d'asile et ceux qui prônent une politique d'accueil.

Le recul de l'EI en Syrie et en Irak ne signifie pas la fin de la menace terroriste en Europe. Outre le risque, présent pour longtemps, que représentent les "revenants", le groupe Etat islamique pourrait trouver en Libye une nouvelle base arrière pour planifier et lancer des attaques contre l'Occident.

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