La chancellerie s'apprête à lancer un programme ambitieux pour prendre en charge tous ceux qui sont rentrés de Syrie ou d'Irak
La chancellerie s'apprête à lancer un programme ambitieux pour prendre en charge tous ceux qui sont rentrés de Syrie ou d'Irak © MaxPPP

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, la question est devenue brûlante : comment lutter contre la radicalisation ? Et comment faire face au retour des jeunes partis pour la Syrie et l'Irak ? On estime que 1000 français sont partis là-bas, environ 600 y sont encore, 142 y sont morts. Parmi ceux qui sont rentrés, 135 sont en détention et une centaine sont sous contrôle judiciaire. La prison a souvent été montrée du doigt comme l'un des lieux d'embrigadement des futurs djihadistes. Ainsi, Amédy Coulibaly, le tueur de l'Hyper cacher, avait rencontré le terroriste Djamel Beghal à Fleury-Mérogis en 2006.

La chancellerie s'apprête à lancer un programme ambitieux

Depuis un an, l'administration pénitentiaire a beaucoup tâtonné, et expérimenté. Notamment, le "quartier séparé" de Fresnes a été mis en place mais aussi d'autres programmes, sur la base du volontariat. A la fin du mois, la chancellerie s'apprête à lancer un programme ambitieux pour prendre en charge tous ceux qui sont rentrés ou qui rentreront des zones de combat. Trois "unités dédiées" vont ouvrir le 25 janvier prochain, deux autres en mars, dans des prisons de la région parisienne et à Lille.

Ce jeudi, la garde des sceaux Christiane Taubira rencontre les personnels, surveillants, éducateurs, qui seront affectées dans ces futurs quartiers spécialisés.

Certaines expériences ont montré leurs limites

Il n'y a pas de recette miracle pour lutter contre la radicalisation, pas plus en prison qu'ailleurs. c'est ce que disent les acteurs de terrain. Pour autant des pistes existent. Certaines expériences ont montré leurs limites. Le quartier séparé de Fresnes, qui consistait à mettre ensemble les détenus poursuivis pour terrorisme, a permis d'apaiser le reste de la prison mais au prix d'un effet cocotte-minute contre-productif.

Les cinq nouvelles unités dédiées qui vont ouvrir devraient en tirer les leçons. Deux de ces quartiers, implantés à Fresnes et à Fleury-Mérogis, seront consacrés à l'évaluation des détenus poursuivis ou condamnés pour terrorisme. L'idée est de poser un diagnostic le plus fin possible, sur le risque de passage à l'acte, ou le degré de radicalité.

Les trois autres centres seront eux consacrés à la prise en charge de ces détenus.

Avec des groupes de parole, de la formation, l'intervention de chercheurs, mais aussi de repentis, de victimes du terrorisme, tout ce qui peut contribuer à créer un changement. Ces programmes expérimentés depuis 10 mois dans deux maisons d'arrêt sur une cinquantaine de détenus commencent à donner des résultats. Pas de miracle, mais des déclics, des évolutions; un travail encore fragile qu'il faut intensifier et installer dans la durée.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.