Après les arrestations spectaculaires mercredi, la Justice américaine n'est pas tendre avec la fédération du football mondial, et parle de "corruption endémique". Tout serait parti d'un témoin essentiel, un dirigeant surnommé "Mr 10%" qui a tout raconté.

Aux États-Unis, c'est Richard Weber, l'un des enquêteurs du fisc américain, qui résume l'indignation générale.

C'est réellement la Coupe du monde de la fraude, et aujourd'hui nous adressons un carton rouge à la FIFA . Son slogan officiel proclame : pour le jeu et pour le monde. Mais ceux qui ont participé à ce système ont corrompu ce sport en visant leur profit personnel. Ce n'était pas pour le jeu, et encore moins pour le monde.

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"Le football ne devrait pas avoir à redouter des dirigeants qui le corrompent"

Car c'est un scandale majeur dans lequel le football mondial s'est pris les crampons. Après trois mois d'enquête, la justice américaine a inculpé 14 personnes pour corruption et blanchiment d'argent. Certains ont été interpellés en Suisse, alors même qu'ils se préparaient à élire, à partir de jeudi soir, leur nouveau président. Mais sur son chemin, il y a ce dossier d'accusation de 200 (!) pages.

L'un des dirigeants les plus corrompus devenu témoin n°1

Si le FBI a pu progresser dans cette affaire, c'est visiblement grâce à un ancien dirigeant de la FIFA . Il s'est mis à table et a dénoncé d'autres dirigeants. Pendant des décennies, Chuck Blazer a été la caricature du dirigeant corrompu, surnommé "Mr 10 %" , avec un niveau de vie de plus en plus dispendieux (propriétés à New York et Miami, et même un appartement luxueux... pour ses chats).

C'est pourtant cet homme qui est devenu le "Gorge profonde" du FBI. Il a publiquement plaidé coupable en 2013, mais d'après le New York Daily News, il collaborait depuis de longs mois auparavant avec les enquêteurs. Il se promenait avec un micro dissimulé dans un porte-clés, et enregistrait ses conversations avec d'autres responsables de la FIFA. Il espère aujourd'hui une peine allégée pour des accusations lourdes de corruption et de blanchiment.

Éradiquer la corruption sur le long terme

L'enquête n'est pas terminée : la ministre de la Justice assure qu'elle veut éradiquer la corruption au sein de la FIFA, et donc que ces arrestations ne sont qu'une première étape. Les États-Unis ont d'ailleurs demandé officiellement à la Suisse l'extradition des sept responsables qui y ont été interpellés. Mais le processus pourrait prendre des mois.

L'un des points saillants du dossier, ce sont les soupçons de corruption sur l'attribution de la Coupe du monde à l'Afrique du Sud en 2010, premier évènement de cette ampleur en Afrique.

Un véritable choc, explique Frédéric Carbonne, notre correspondant à Washington

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Cette Coupe, c'est la preuve que tout est achetable dans le monde de la FIFA

Et les ennuis ne sont pas finis pour la FIFA : en plus de la justice, ce sont aujourd'hui les sponsors (dont Nike, Adidas ou Coca-Cola) qui somment l'organisation de faire le ménage . Certains parlent même d'arrêter de financer le football mondial, une perspective qui doit donner des sueurs froides à ses dirigeants.

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