Sylvie Goulard, choisie ce mercredi par Emmanuel Macron pour devenir commissaire européenne, avait quitté son poste de ministre des Armées en juin 2017, au bout d'un mois seulement, après que la justice a ouvert une enquête sur l'emploi présumé fictif d'assistants d'eurodéputés du MoDem, dont elle a été membre.

Sylvie Goulard le 31 mai 2017 à l'Élysée
Sylvie Goulard le 31 mai 2017 à l'Élysée © AFP / Patrick Kovarik

Serait-ce la tâche sur un CV parfaitement euro-compatible ? En proposant Sylvie Goulard comme commissaire européenne, Emmanuel Macron a fait le choix d'une candidate quadrilingue, au service de l'Europe depuis trente ans, europhile convaincue. Mais dont l'activité politique en France reste surtout marquée par une démission du gouvernement au bout d'un mois de mandat, en juin 2017, en raison de l'ouverture d'une enquête portant sur de possibles emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés MoDem, parti dont Sylvie Goulard était membre à l'époque des faits. Plus de deux ans plus tard, l'enquête est toujours en cours, et l'ex-ministre n'a pas encore été entendue par les juges.

L’enquête préliminaire, ouverte le 9 juin 2017, pour "abus de confiance et recel d'abus de confiance", avait conduit celle qui venait d'être nommée ministre des Armées à quitter son poste pour "être en mesure de démontrer librement [sa] bonne foi", entraînant, quelques jours  plus tard, la démission de François Bayrou et Marielle de Sarnez, également ministres MoDem.

Ces premières investigations ont mené à l'ouverture, en juillet 2017, d'une information judiciaire contre X pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries". Depuis, la justice cherche à vérifier que les fonds de l'Europe ont bien servi à payer une activité d'assistants du MoDem au Parlement européen, et non à rémunérer ces mêmes employés pour des tâches qui n'auraient servi que le parti, et donc effectuées en France.

Les juges s'intéressent à son ancien assistant parlementaire

Dans le cas de Sylvie Goulard, les juges se penchent particulièrement sur l'activité de Stéphane Thérou, assistant parlementaire de l'eurodéputée de 2009 à 2015. Celle-ci avait, à l'époque, expliqué avoir opté pour un assistant à Paris, afin de garder un contact avec sa circonscription. Depuis, des témoignages révélés par France Inter ont montré qu'elle n'avait pas réellement "choisi" cet assistant, mais qu'il lui avait été imposé par le MoDem.

Stéphane Thérou était également responsable de la formation des élus au Modem, activité prenante, et dont l'enquête vise également à savoir si elle était compatible avec le poste d'assistant d'eurodéputé.

Si la nomination de Sylvie Goulard est validée, elle sera la deuxième responsable française de cette mandature à avoir ou avoir eu affaire à la justice, après la nomination de Christine Lagarde à la Banque centrale européenne, cette-dernière ayant été condamnée en 2016 pour "négligence" dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais.

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