Municipales
Municipales © Radio France / reuters

À trois semaines des élections municipales, France Inter s'intéresse à ces maires qui ont beau avoir été condamnés ou inquiétés par la justice, mais ont décidé de se représenter quand même... avec de belles chances de victoire. On pense, évidemment, à Corbeil-Essonnes, où le maire sortant UMP Jean-Pierre Bechter brigue un nouveau mandat... Malgré sa mise en examen dans l'affaire Dassault d'achats de votes présumés. Mais Corbeil-Essonnes, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt.

À droite comme à gauche, de nombreux maires ont eu maille à partir avec la justice et ont décidé, malgré tout, de repartir en campagne. Malgré des condamnations pour favoritisme, prise illégale d'intérêts, détournement de fonds publics et même parfois pour agressions sexuelles, ces élus se représentent et ils ont pour certains de grandes chances d'être réélus.

"Tout le monde fait des bêtises !"

Le reportage de Jules Brélaz

À Issy les Moulineaux, le fief d'André Santini, réélu depuis 34 ans, le député-maire est candidat à un sixième mandat. En 2012, l'association Anticor lui a pourtant décerné le "prix de la casserole" pour l'ensemble de son oeuvre : condamné l'année dernière dans une affaire de détournement de fonds publics, André Santini a fait appel. Et si l'on en croit les habitants croisés sur place, l'élu UDI n'a pas de souci à se faire pour sa réélection.

Autre maire condamné mais pas inquiété, à gauche cette fois ci, Jacques Mahéas qui dirige depuis 36 ans Neuilly-sur-Marne, en Seine Saint-Denis. Condamné en 2010 pour agressions sexuelles, cela n'empêchera pas ses administrés de voter à nouveau pour lui.

C'est la peur de l'inconnu qui explique en partie ce vote selon le politologue Christian Delportes :

Il ne faut pas oublier que les électeurs sont également une clientèle, à qui le maire rend personnellement des services : attribution d'un HLM, d'un place en crèche, les crédits aux associations...

Autre explication possible, moins terre à terre... Le cynisme en hausse des citoyens face à la banalisation des scandales.

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