Michaël Chiolo, 27 ans, a poignardé début mars deux surveillants pénitentiaires au sein de cet établissement considéré comme l’un des plus sécurisés de France. Sa compagne, tuée dans l’assaut du Raid, est soupçonnée d’avoir fait entrer dans la prison au moins un couteau en céramique.

La violente agression de deux surveillants a été le point de départ de deux semaines de blocage, à la prison de Condé-sur-Sarthe.
La violente agression de deux surveillants a été le point de départ de deux semaines de blocage, à la prison de Condé-sur-Sarthe. © AFP / Jean-François Monier

Quelles leçons tirer de l’attaque survenue le 5 mars 2019 au sein de la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe ? La garde des Sceaux Nicole Belloubet sera entendue ce mardi par la commission des lois de l’Assemblée nationale. 

Sur place, le fonctionnement de l’établissement a connu un tour de vis sécuritaire. Le contrôle des visiteurs avait été particulièrement critiqué au lendemain de l’agression, puisque c’est grâce à sa compagne venue lui rendre visite au sein de l’unité de vie familiale que Michael Chiolo se serait procuré l’arme qui lui a permis de blesser les deux surveillants : un couteau en céramique, indétectable par les portiques de détection métallique. Comme le réclamaient les organisations syndicales, chaque personne qui entre dans la prison doit désormais se soumettre à une palpation, effectuée par un surveillant du même sexe. 

"Les familles sont accueillies à l’extérieur, avant d’être amenées au portique de détection métallique. Puis hommes, femmes et enfants sont palpés de façon systématique. S’ils refusent, ils peuvent faire demi-tour, il n’y aura pas de parloir", détaille un délégué CGT pénitentiaire à Condé-sur-Sarthe. "C’est quelque chose qu’on aurait dû mettre en place bien plus tôt", souligne le surveillant.

Gilets pare-lame, portail à ondes millimétriques

La circulation des personnes incarcérées a également été revue. "Désormais, les détenus sortent chacun leur tour de leur cellule, et sont soumis à des palpations, y compris avant de la réintégrer". La salle de convivialité a été fermée. Du point de vue de l’équipement, des gilets pare-lame sont attendus courant mai.  "Ça n’est qu’une fausse solution", soupire un autre représentant syndical. "Vu les profils dangereux accueillis à Condé-sur-Sarthe, _un détenu qui veut s’en prendre à un surveillant visera le cou et non plus l'abdomen !_".

Dans son rapport remis le 5 avril, l’Inspection générale de la Justice décrit un établissement dont le fonctionnement peut être jugé satisfaisant, mais préconise néanmoins un certain nombre de mesures : amélioration de la vidéosurveillance dans certaines zones, sécurisation du sas par lequel entrent les marchandises, installation d'un portail à ondes millimétriques, un système qui permet de détecter les objets dissimulés sous les vêtements des visiteurs, et que la direction de l'administration pénitentiaire s'est engagée à mettre en place. Le rapport met aussi l’accent sur l’exploitation incomplète des données récoltées par le renseignement pénitentiaire dans la gestion de la population carcérale.

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