Henda Ayari, ex-salafiste devenue militante féministe laïque, avait été la première à porter plainte contre l'islamologue Tariq Ramadan, fin 2017, dans la foulée de l'affaire Weinstein. Une confrontation très attendue est programmée ce jeudi entre l'accusatrice et le théologien, incarcéré depuis début février 2018.

Tariq Ramadan en 2016 à Bordeaux
Tariq Ramadan en 2016 à Bordeaux © AFP / Mehdi Fedouach

Tariq Ramadan doit être extrait de sa cellule de la prison de Fresnes, ce jeudi matin, pour se rendre dans le bureau des trois juges d'instruction qui l'ont mis en examen, début février pour deux viols, après les dépôts de plainte de deux femmes. 

La première de ces plaignantes, Henda Ayari, doit être confrontée normalement à l'islamologue jeudi matin au palais de justice de Paris. Une confrontation encore inédite, et qui (si elle a bien lieu) se déroulera dans un climat tendu, alors que les avocats de Tariq Ramadan réclament la libération de leur client, qu'ils jugent innocent.

La première confrontation entre Henda Ayari et Tariq Ramadan, au moment de la garde à vue de l'islamologue, avait été annulée. Il y a six mois, la militante féministe, ex-salafiste, avait renoncé à faire face à celui qu'elle a été la première à accuser de viol. Un viol qui, dans ses premiers souvenirs livrés aux enquêteurs, remontait à la fin du mois de mars 2012, ou peut-être tout début avril, à l'hôtel Holiday Inn de la gare de l'Est, à Paris.

Les avocats réclament une "démise en examen"

Depuis, cette ancienne admiratrice du théologien a changé de version, après avoir fouillé dans son agenda et épluché ses chéquiers . Dans ses dernières déclarations devant les juges d'instruction, elle affirme ainsi que c'est en fait deux mois plus tard, le 26 mai 2012 qu'elle a été violée, dans un autre hôtel parisien, le Crowne Plaza, place de la République. Elle assure que ce jour-là, il pleuvait. Que d'ailleurs son brushing en a pâti.

Les avocats du prédicateur suisse rétorquent que selon Météo-France, le soleil n'a cessé de briller ce jour-là. La défense de Tariq Ramadan affirme que Henda Ayari ment, sur les dates et les lieux, et que les derniers éléments de l'enquête le prouvent.

Les avocats de l'islamologue réclament la démise en examen de leur client. Cette procédure rare pourrait en théorie intervenir dès aujourd'hui, si les magistrats estiment qu'il n'y a plus assez d'indices graves et concordants contre Tariq Ramadan, concernant la plainte déposée par Henda Ayari.

Mercredi, Tariq Ramadan aurait dû être confronté à l'autre plaignante, qui se fait appeler Christelle et décrit elle aussi des viols particulièrement brutaux. Christelle n'a pas pu se rendre hier à cette confrontation, pour des raisons médicales. Mais maintient toutes ses accusations.

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