Jean-Michel Gouffrant à la barre par Matthieu Boucheron
Jean-Michel Gouffrant à la barre par Matthieu Boucheron © Esba TALM - Angers

Ils sont déjà plus d’une quinzaine à s’être succédés à la barre de la salle d’audience. Une quinzaine de médecins, célèbres ou pas. Devenus des personnages publics ou continuant à exercer dans des établissements plus ou moins prestigieux. Mais une quinzaine a avoir évoqué la même chose : la fin de vie. L’immense majorité l’a fait avec pudeur et délicatesse même pour raconter les choses les plus terribles.

Et voilà qu’un nouveau médecin se présente à la barre: Jean-Michel Gouffrant, ancien chirurgien de l’hôpital de Bayonne, cité par les avocats de la défense. Son témoignage fige la salle.

Quand il évoque l’hôpital de Bayonne tout d’abord : “j’ai appris de quelle façon s’était organisée un véritable safari Bonnemaison : filature, fouille dans les poubelles etc.”

Lorsqu’il s’invite dans le débat autour de Vincent Lambert : “ vous payez tous des impôts, vous avez le droit de savoir ce qu’on en fait. Vincent Lambert dort tous les soirs dans un hôtel à 4000 euros.”

Lorsqu’il raconte des histoires de fin de vie terribles, à grand renfort de bruitages.

Lorsqu’il annonce “une histoire horrible. Vraiment horrible : on reçoit un gamin de vingt ans, il lui manquait la moitié du crâne et un oeil. Il avait de la cervelle sur les épaules.”

Lorsqu’il ose une comparaison : “aux usines Renault, quand on décide d’arrêter la Clio, on ne trouve aucune réunion collégiale de collègues.

Lorsqu’il qualifie le conseil de l’ordre des médecins : “c’est quand même une émanation du maréchal Pétain dans les heures sombres de la France.”

Puis, lorsqu’il s’adresse à la cour, en guise de conclusion : “ça m’a fait du bien de vous parler comme ça.”

Pas sûr que ce soit réciproque.

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