Le colectif Stop aux contôles au Facies mène des actions, comme ici aux Halles à Paris
Le colectif Stop aux contôles au Facies mène des actions, comme ici aux Halles à Paris © MaxPPP/Christophe Petit Tesson

En France, les personnes perçues comme "noires" et "arabes" sont contrôlées respectivement six et huit fois plus que celles perçues comme "blanches", selon une étude menée en 2009 à Paris par le CNRS et l'ONG Open Society Justice Initiative.

Treize personnes s'estimant victimes de contrôles au faciès, déboutées en première instance, retournent ce mercredi après-midi devant le tribunal de grande instance de Paris pour tenter de faire condamner l'État et le ministre de l'Intérieur pour faute lourde.

En octobre 2013, la Première chambre civile du TGI de Paris avait estimé que les plaignants contestaient en fait le régime juridique applicable aux contrôles d'identité et donc la loi elle-même. Mais aujourd'hui, les plaignants espèrent que l'on reconnaîtra la discrimination dans les contrôles qu'ils ont subis, parce qu'ils sont noirs ou arabes, regrettent-ils, et non en raison de leur comportement.

Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a incité les autorités à "prendre des mesures concrètes visant à prévenir et réprimer les contrôles d'identité abusifs". Son avocat sera présent à l'audience pour apporter des éléments sur la réalité des contrôles au faciès.

Le reportage de Catherine Duthu

La lutte contre lescontrôles au facièsétait l'engagement numéro 30 de François Hollande lors de sa campagne présidentielle.

La remise d'un récépissé après un contrôle d'identité prévue par François Hollande, a finalement été abandonnée peu après son élection à l'Élysée, au grand dam des associations. Le matricule a cependant fait son retour sur les uniformes et le code de déontologie de la police a été réformé. Les citoyens ont aussi désormais la possibilité de saisir directement l'IGS, la "police des polices".

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