Jade, Estelle, Marion... "copines" ou "matériel"? Parmi les jeunes femmes offertes en cadeau à DSK, quatre devraient venir témoigner au procès.

Elles sont treize à avoir été interrogées dans le cadre de l'instruction. Trois se définissent comme des libertines, tout en reconnaissant qu'elles étaient payées ou qu'il y avait un cadeau à la clé après les rencontres avec DSK.

Il y a le cas particulier de cette jeune femme qui approche le patron du FMI après une émission de radio, parce qu'elle pense qu'il peut lui offrir des opportunités professionnelles (raté) et qui le suit dans les clubs échangistes sado-maso de la capitale où il a ses habitudes. La moitié de ces jeunes femmes assument s'être prostituées, ou avoir été, des "escorts". Estelle en a très tôt fait son métier, en posant une annonce sur internet. Les autres l'ont fait plutôt de manière occasionnelle, en fonction des rencontres et surtout de leurs difficultés financières. Une seule, surnommée Jade, a travaillé en Belgique dans un bar montant de Dodo la Saumure.Enfin il y a Béatrice Legrain, la compagne de Dodo qui a "accompagné" une des virées parisiennes et qui est aussi sur le banc des prévenus.

La question centrale du procès, outre la définition du proxénétisme, est de savoir si DSK savait qu'il couchait avec des prostituées. Les juges d'instruction en sont convaincus, mais pas le parquet. Les amis nordistes de DSK avaient mis en place une loi du silence, imposée aux filles, pour protéger leur invité de marque. Mais les juges estiment qu'il ne pouvait l'ignorer, vu son niveau intellectuel, ce qu'une des participantes exprime ainsi: "franchement, patron de la banque du monde il faut pas exagérer ni avoir bac + 10 pour comprendre ce qui se passait". Plusieurs "copines" approuvent: DSK, "le roi de la fête", avec "toutes ces filles qui s'occupaient de lui", ne pouvait pas imaginer que c'était "pour ses beaux yeux".Certaines assurent que les partouzes, qualifiées tantôt de "boucherie" ou "d'abattage", n'avaient rien de l'ambiance feutrée qu'on prête aux rencontres libertines ou échangistes. Le ministère public observe que même parmi les participantes certaines ignoraient que les autres étaient rémunérées.

Les juges d'instruction s'appuient aussi sur le comportement sexuel de DSK, décrit comme violent par certaines participantes, une attitude qu'il se permettrait dans le cadre de relations tarifées. Les juges avaient même estimé que l'une des scènes rapportées pouvait constituer un viol: il était question d'une sodomie imposée, les poignets de la jeune femme tenus par un ami de DSK. Mais la jeune femme prend peur lors de la médiatisation de l'affaire et commence à se rétracter... Le parquet a classé l'enquete.

Le ministère public souligne que si trois femmes ont trouvé DSK brutal, une autre le décrit comme "très attentionné". Dominique Strauss-Kahn a défendu devant les juges son goût pour le libertinage, "qui suppose le consentement et le plaisir commun". Il assure qu'il n'aurait jamais accepté de relations avec des prostituées en connaissance de cause. Quant aux termes utilisées par ses amis et lui pour parler des filles dans leurs SMS, des "copines" ou du "matériel", il admet qu'ils n'étaient pas très appropriés.

Pendant l'instruction, seules Jade et Mounia, se sont portées parties civiles. Le tribunal compte les interroger tout au long des trois semaines d'audience pour les confronter aux prévenus. Deux autres femmes pourraient se constituer partie civile au début du procès. Toutes redoutent d'être publiquement exposées, leur avocat va demander qu'elles puissent témoigner à huis clos, ce que les juges ne sont pas obligés d'accepter.

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