C'est le premier commissariat touché de plein fouet en France par l'épidémie de Covid-19. Jusque-là les cas de policiers contaminés étaient isolés, comme à Strasbourg. Mais à Briançon, à deux pas de la frontière italienne, ce sont une quinzaine d'agents qui ont été mis au repos forcé par mesure de précaution.

Une quinzaine de policiers de Briançon ont du être placés en quarantaine
Une quinzaine de policiers de Briançon ont du être placés en quarantaine © Radio France / Pierre-Antoine Lefort

Il semble que ce soit les membres d'une communauté religieuse ayant séjourné à Mulhouse qui aient contracté le virus et créé un foyer de contamination important dans la sous-préfecture des Hautes-Alpes, confie une source policière. Deux agents ont été contrôlés positifs et l’hypothèse qu’il y en ait  bien d'autres rapidement est très probable, selon un autre policier sur place : "Il y a une enquête épidémiologique interne, c'est comme une enquête policière, on cherche à remonter avec qui le premier policier touché a été en contact... ".

Le directeur départemental de la sécurité publique a pris en urgence sa voiture dimanche matin de Gap pour apporter des lots de gel hydroalcoolique dans le commissariat de Briançon. Le premier cas de contamination venait d'y être détecté. Joël Patrick Terry  a supervisé les premières mesures prises pour ses troupes et pour le public : "On n’a rien inventé, on demande un lavage des mains toutes les heures, on a déjà commencé à désinfecter le commissariat avec des produits à base de javel et on a pris une société privée qui doit venir [à partir de ce mercredi matin] désinfecter nos locaux chaque jour".  

Des craintes pour les jours à venir mais un service assuré, y compris pour les élections municipales 

Vu l'ampleur du nombre de membres du personnel déjà confinés chez eux et les craintes d’une augmentation sensible pour les jours à venir, Joël Patrick Terry a dû en urgence faire venir des renforts de Gap et de Marseille mardi. Non sans tension, car les nouveaux arrivants ont constaté à leur arrivée que la désinfection des locaux n’avait pas encore été réalisée.

Pour l'instant, aucun autre cas de commissariat en difficulté n'a été signalé dans la région ni ailleurs. Et le commissariat concerné, par la voix de son commissaire, assure être en mesure de maintenir son service sans interruption - accueil des plaintes, patrouilles de police secours, surveillance des élections de dimanche.

Mardi soir, l'ARS, l'agence régionale de santé, a autorisé une reprise du travail pour quatre agents après une levée de doutes.

Mais si d'autres commissariats devaient être touchés dans les prochains jours, où que ce soit sur le territoire national, la question pour le gouvernement sera alors de décider s'il ne faudra pas que le corps professionnel des policiers soit placé sous le même régime que le personnel hospitalier, à savoir non pas une "quatorzaine", mais simplement trois jours de confinement et la possibilité ensuite de venir travailler avec des masques.

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