Trois djihadistes présumés arrêtés en région parisienne
Trois djihadistes présumés arrêtés en région parisienne © Radio France

Une dizaine de personnes ont été interpellées lundi matin dans le Tarn, en Normandie et en région parisienne. De source policière, la filière était chargée de l'acheminement de djihadistes français vers la Syrie.

C'est le résultat d'un an d'enquête. Les services antiterroristes ont démantelé ce matin une filière d'acheminement de candidats présumés au djihad vers la Syrie. D'après une source policière, la plupart des interpellations ont été menées dans le Tarn, notamment dans la région de Toulouse. D'autres auraient eu lieu en Normandie et en région parisienne. Selon les informations disponibles, cette "filière du Tarn" qui se montrait très discrète, prudente et active, aurait déja organisée des départs et plusieurs autres étaient en cours.

A Toulouse, le récit de Frédéric Bourgade

Les hommes de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire et leurs collègues du Raid (unité d'élite de la police), ont procédé à quatre interpellations à Toulouse et Graulhet, une petite ville de 13.000 habitants située entre Castres et Albi. D'autres sources proches font état d'une interpellation en Gironde, dans le secteur de Langon, à 50 km au sud-est de Bordeaux. Deux arrestations au Havre, en Haute Normandie, et dans les Yvelines, en région parisienne, sont également mentionnées.

Entre 10 et 15 objectifs ciblés

Le nombre exact et le profil des personnes interpellées ne sont pas encore connus. Il y aurait parmi elles, plusieurs jeunes nés à la fin des années 80 ou au début des années 90. Entre "10 et 15 objectifs" étaient ciblés par cette opération matinale menée sur commission rogatoire dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet anti-terroriste de Paris en décembre 2013.

Mais selon plusieurs sources, l'enquête aurait en fait commencé dès le mois de juillet 2013 en Normandie avec l'incarcération de cinq hommes et la délivrance de neuf mandats d'arrêts internationaux. C'est cette enquête qui aurait ainsi permis de démanteler la filière mise à mal ce lundi matin.

Explosion du nombre d'apprentis-djihadistes

La France a été en 2014 confrontée à une explosion du nombre d'apprentis-jihadistes partant pour la Syrie et l'Irak. Le nombre de candidats au jihad syrien a bondi de plus de 80% depuis début janvier, selon de récentes déclarations du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Ils seraient actuellement, selon les estimations officielles, près de 400 sur place, plus de 200 ont manifesté des velléités de départ et environ 120 sont déjà revenus, avec près de 200 en transit et une cinquantaine de morts.

Comme Maxime Hauchard, 22 ans, apparu, en novembre, dans les rangs des égorgeurs de soldats syriens fidèles au régime de Damas, ils sont des dizaines de convertis, 20% du total, à avoir répondu à "l'appel du jihad", qui touche des jeunes mais aussi des adolescentes, des ruraux, des urbains, parfois des familles entières.

En déplacelment à Dijon, ce lundi matin, le premier ministre Manuel Valls a rappelé l'importance de la lutte contre le terrorisme

Fin avril dernier, dans le cadre d'un plan antijihad, un numéro vert, le 08.00.00.56.96, a été mis à la disposition des familles et des proches de jeunes radicalisés afin qu'ils puissent prévenir les services de police de leurs doutes, d'un départ ou d'un départ imminent.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.