Ils coupent le courant pour peser contre le projet de réforme des retraites. Mais le geste a des conséquences : plusieurs enquêtes sont en cours et deux personnes sont déjà convoquées devant la justice.

Chez Enedis, le dépôt de plainte est systématique après chaque coupure "sauvage" (photo d'illustration).
Chez Enedis, le dépôt de plainte est systématique après chaque coupure "sauvage" (photo d'illustration). © AFP / Jean-Pierre Clatot.

C'est une forme d'action qui s'est multipliée ces derniers jours. Des coupures d'électricité pour protester contre le projet de réforme des retraites. Dernière en date ce jeudi en Loire-Atlantique avec plus de 37 000 foyers privés de courant, selon nos confères de France Bleu Loire Océan.

Des coupures qualifiés de "sauvages" par le Premier ministre Édouard Philippe, et "qui doivent être sanctionnées", comme il l'a dit ce mercredi à l'Assemblée nationale. 

Enedis, de son côté, porte systématiquement plainte après chaque coupure. Depuis le 5 décembre et le début du mouvement de grève, environ 80 plaintes ont été déposées par le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité.

Coupure d’électricité sur un site classé Seveso

Si plusieurs enquêtes sont en cours, deux dossiers au moins connaissent des suites judiciaires. À Périgueux, deux syndicalistes d'Enedis ont été placés en garde à vue ce mercredi puis libérés sans mise en examen, après l'ouverture par le parquet d'une enquête "pour mise en danger de la vie d'autrui."

Les faits remontent au 10 janvier dernier, après une coupure d’électricité qui a ciblé l'entreprise Interspray, basée à Neuvic. Un site classé Seveso seuil bas, où des produits chimiques sont utilisés pour fabriquer et conserver des cosmétiques. Problème : l'arrêt de l'alimentation en électricité signifie l'arrêt de la ventilation.

Des renvois devant le tribunal correctionnel à Orléans

À Orléans, un retraité et un salarié d'Enedis sont convoqués le 25 février devant le tribunal correctionnel pour "tentative de dégradation d'un bien destiné à l'utilité publique en réunion." Ils avaient été arrêtés en flagrant délit, alors qu'ils tentaient de couper l'électricité d'un centre commercial du centre-ville, là encore le 10 janvier dernier. 

La Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT a revendiqué toutes ces actions de coupures dans un communiqué publié ce jeudi. Elle s'indigne qu'on fasse passer les grévistes "pour des voyous hors-la-loi".

À noter que selon Enedis, aucune installation dite sensible n'aurait été ciblée par les grévistes. 

La société dit suivre avec attention le développement des enquêtes liées à ces coupures d’électricité, et se réserve le droit d'engager des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement contre les salariés qui en seraient responsables.

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