Il est le dernier des prévenus à déposer à la barre. Depuis l’ouverture du procès, Stéphane Courbit a été présent à toutes les audiences. Quand vient son tour de s’expliquer, il est 14h30 la pause déjeuner a été sautée et la salle s’est considérablement vidée.

Mais Stéphane Courbit occupe l’espace. Avec l’aisance d’un homme de télé, le bagout d’un entrepreneur aux multiples projets, et le costume bien coupé du gars qui a réussi, l’ancien fondateur d’Endemol s’explique avec cohérence. « J’avais appris que mon avocat Me Wilhelm connaissais Me de Maistre et je lui avais dit que ça m’intéressait de le rencontrer » Il présente alors sa société, qui comprend notamment une branche de paris en ligne, en vue d’investissements futurs. Patrice de Maistre n’est pas intéressé, mais Pascal Wilhelm qui prendra sa place le sera, quelques mois plus tard. Pour cet investissement de 143 millions d’euros, il rencontrera deux fois Liliane Bettencourt. Le reste sont des détail financiers parfois complexes.

Mais Stéphane Courbit a le phrasé direct : « je voudrais rectifier deux trois bricoles » lance-t-il au tribunal. « Pour moi, le préjudice a été énorme en terme d’image », explique-t-il. On a dit que j’étais au bord de la faillite, dans des affaires pas claires ». Car le monde de l’entreprise est cruel.

Au témoignage plutôt à charge de Jean-Marie Messier, qui a pourtant approuvé l’investissement en son temps, il répond, toujours avec la même aisance : « si monsieur Messier n’arrive pas à faire un rapport en cinq semaines, qu’il change de métier. Il a été payé 500 000 euros pour ce travail, il ne va pas pleurer … »

Lui-même n’est pas vraiment du genre à pleurer sur son sort. A la barre, l’entrepreneur « pragmatique » comme le qualifie une assesseure, lâche « oui, j’ai eu tort. Ca ma coûté quatre ans d’ennuis, pour ne pas appeler ça autrement. Mais on ne peut pas refaire l’histoire. J’y suis, j’y suis ».

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