Un jeune homme de 20 ans a été interpellé lundi, dans le cadre d'une enquête sur une vaste tentative d'arnaque à la webcam. Il est soupçonné d'avoir essayé de faire chanter au moins 28 000 internautes, en les menaçant de diffuser de prétendues images compromettantes dérobées dans leur ordinateur.

Dans un laboratoire de la police où les investigateurs en cybercriminalité tentent de faire parler le contenu d'ordinateurs ou de téléphones portables.
Dans un laboratoire de la police où les investigateurs en cybercriminalité tentent de faire parler le contenu d'ordinateurs ou de téléphones portables. © Radio France / Sophie Parmentier

C'est un chantage moderne qui mise sur nos peurs ancestrales, celles de voir révélés nos petits secrets. Un jeune homme de 20 ans a été arrêté lundi par l'Office de lutte contre la cybercriminalité (OCLCTIC), dans le cadre d'une enquête sur une vaste tentative de chantage aux images de webcam. Intercepté à Roissy, à son retour d'Ukraine où il réside, ce ressortissant français a reconnu avoir envoyé des milliers de courriers électroniques dans lesquels il menaçait des internautes de publier des images intimes qu'il disait avoir piratées sur leur ordinateur, s'ils ne lui versaient pas la somme de 500 euros. Une cinquantaine de personnes a cédé au chantage, pour un montant total d'environ 20 000 euros.

Les enquêteurs ont été alertés dès le mois de janvier, par une nette augmentation des alertes sur la plateforme Pharos, dédiée aux signalements des arnaques potentielles. Depuis, 28 000 personnes ont affirmé avoir reçu ces courriels : "Les victimes recevaient un courriel en français, parfois en anglais, qui provenait d'un supposé hacker, qui disait qu'il avait piraté l'ordinateur de la victime et qu'il détenait des images compromettantes", explique François-Xavier Masson, directeur de l'Office central de lutte contre la cybercriminalité.

"Il ne faut jamais agir sous la pression, les pirates et les escrocs jouent beaucoup là-dessus"

"Souvent, la pornographie était mentionnée, il faisait croire qu'on avait été vu en train de naviguer sur des sites pornographiques, ou bien qu'on avait été filmé à notre insu dans des positions scabreuses. Ce sont des ressorts assez classiques", poursuit le patron de l'OCLCTIC. Afin de rendre ses propos crédibles, l'auteur du mail y glissait d'anciens mots de passe de l'internaute, récupérés sur des bases de données piratées, disponibles sur le darknet. Les destinataires de ce mail étaient ensuite invités à verser les 500 euros demandés en Bitcoin, monnaie virtuelle difficilement traçable. 

"Lorsque l'on reçoit un mail qui nous demande de payer une rançon directement ou de cliquer sur un site qui va lui aussi menacer de bloquer son ordinateur, surtout, on ne paye pas, met en garde François-Xavier Masson. Il ne faut jamais agir sous la pression, les pirates et les escrocs jouent beaucoup là-dessus, sur le fait que vous allez réagir parce que vous vous sentez un peu acculé. Il ne faut jamais réagir de manière précipitée dans ce genre de situation."

Décrit comme "informaticien talentueux", le jeune homme a reconnu les faits, et assure avoir agi seul. Mis en examen jeudi soir, il a été placé sous contrôle judiciaire.

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