« D’Arros, c’est pas le monde dans lequel on vit », explique Patrice de Maistre au tribunal. L’ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt s’est rendu une fois sur l’île paradisiaque, dans l’archipel des Amirantes, aux Seychelles. André et Liliane se sont offert ce « lot » de six îles cernées d’un lagon bleu turquoise en 1997. Pour la petite histoire, d’Arros appartenait alors au clan Pahlavi, la famille du Shah d’Iran, qui rencontrait quelques soucis d’argent. L’île est achetée avec des fonds d’un compte suisse, son existence est donc dissimulée au fisc. La situation fiscale de l’île (revendue depuis) a fait l’objet d’un non-lieu ; seul le gérant de l’île, Carlos Vejarano, est poursuivi pour avoir détourné plusieurs millions d’euros.

Mais ce matin, au-delà des chiffres et des millions d’euros, on rêve aux alizés soufflant sous les cocotiers. Patrice de Maistre raconte : « il y avait une exploitation de gazon, on mettait du gazon neuf quand les Bettencourt venaient », c'est-à-dire quatre fois par an. « A l’année, il y a avait 20-25 maisons, où vivait une colonie de 30-40 personnes ». L’ex gestionnaire, habitué sans doute à un certain luxe, souligne à plusieurs reprises la « perfection » de la vie à d’Arros.

François-Marie Banier aussi, aimait beaucoup l’île, qu’il se vante dans des lettres d’avoir fait découvrir et acheter à Liliane. Il le nie aujourd’hui. Comme il dit ne jamais avoir su qu’il était bénéficiaire de l’île, via un montage financier complexe passant par une fondation basée au Lichtenstein. « Là bas, je peignais toute la journée dans un garage à bateaux », raconte l’artiste à la barre. Sans doute le hangar avait-il des trous : dans une lettre, Banier se plaint de ne toujours pas avoir d’atelier dans cet « endroit idyllique ».

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