Neuf personnes sont jugées à partir d'aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Neuf jeunes hommes originaires d'Orléans, qui doivent répondre d'association de malfaiteurs terroristes pour avoir été parmi les tout premiers Français à partir faire le djihad armé en Syrie, à partir de 2012.

Neuf prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Dix autres sont morts ou en Syrie.
Neuf prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Dix autres sont morts ou en Syrie. © Radio France / Matthieu Boucheron pour France Inter

Nous sommes à l'époque aux prémices de ce qui deviendra le groupe terroriste État islamique, autoproclamé le 9 a . La frontière avec la Turquie est encore poreuse, très poreuse même. Si facile à franchir pour une vingtaine de jeunes orléanais. 

Ils ont entre 18 et 24 ans. Convertis à l'Islam pour la plupart, ils se retrouvent régulièrement autour d'une salle de prière rue des Carmes, dans le centre-ville d'Orléans, dînent parfois chez l'un d'eux pour des soirées il est question de djihad armé, de départs vers la Syrie et de fausses pièces d'identités belges. La plupart de ces jeunes n'ont pas de casier judiciaire. Certains ont un emploi : à la caisse primaire d'assurance maladie, pour une association, dans un lycée de la ville. D'autres sont déjà pères de famille ou sur le point de le devenir. Dix-sept d'entre eux vont décider de rejoindre la Syrie. 

Sur place, ils intègrent un même groupe, Jaysh Mohamed, sont formés au maniement des armes, combattent. Dans leurs conversations avec ceux qui sont restés à Orléans - dont deux d'entre eux font partie des prévenus-, ces combats sont rebaptisés "matches". Il est aussi question des "crampons". (traduisez : des armes).  

Mais au bout de quelques mois, les premiers rentrent. L'un est blessé au combat, l'autre sérieusement malade. La femme d'un troisième est tombée enceinte sur place.  C'est aussi l'heure des interpellations, car une enquête a été ouverte en mars 2014. Des armes, en l'occurrence deux carabines, sont retrouvées, enterrées dans la jardinière du balcon de l'un d'entre eux.  Mais dix djihadistes de cette filière ne seront pas dans le box des prévenus. Ils sont restés sur place, et morts depuis pour certains, et font l'objet de mandats d'arrêt. 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.