Mardi matin, le chef de l’État leur a rendu hommage lors d’une cérémonie à la préfecture de police de Paris, appelant la nation à “faire bloc". Portrait de ces quatre fonctionnaires, Aurélia, Brice, Damien et Anthony, tués tous les quatre jeudi par leur collègue radicalisé.

Dans la cours de la préfecture de police de Paris, Emmanuel Macron a rendu hommage aux quatre fonctionnaires assassinés par un de leurs collègues radicalisés.
Dans la cours de la préfecture de police de Paris, Emmanuel Macron a rendu hommage aux quatre fonctionnaires assassinés par un de leurs collègues radicalisés. © Maxppp / Olivier Corsan

Il a promis “un combat sans relâche face au terrorisme islamiste” et appelé les Français “à faire bloc”. Emmanuel Macron, mardi matin, a rendu hommage aux quatre fonctionnaires de police, tués à la préfecture de Paris par l’un de leur collègue radicalisé, saluant qu’ils avaient “passé leur vie à protéger les autres”. Lors de cette même cérémonie, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a fait Aurélia Trifiro, Damien Ernest, Anthony Lancelot et Brice Le Mescam des chevaliers de la Légion d’honneur. 

Damien Ernest, 50 ans

"C'était un collègue extraordinaire, jamais un mot plus haut que l'autre, bon vivant, très bosseur", a témoigné mardi sur France Inter l'un de ses plus proches collègues. Entré dans la police il y a 28 ans, Damien Ernest était major, responsable d'une unité au sein de la Direction du renseignement de la préfecture, c’est-à-dire le même service que son assassin.  Âgé de 50 ans, il avait deux filles et “nourrissait des projets de mariage” avec sa compagne après des années de vie commune, a indiqué le président de la République en lui rendant hommage.  Son collègue, qui souhaite rester anonyme, déclare:

“Il était le genre de collègue qu’on aimerait tous avoir.”

J’ai fait des missions extraordinaires avec lui, on passait parfois plus de temps ensemble qu’avec nos épouses respectives” poursuit-il. Il raconte un collègue “idéal”, bon camarade et à l’esprit “collectif”. 

Aurélia Trifiro, 39 ans 

Gardienne de la paix depuis 17 ans, Aurélia Trifiro était entrée dans la police il y a 17 ans et était actuellement rattachée à la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne. Elle était mère de deux jeunes garçons de cinq et huit ans, mariée avec un policier. Originaire de Biache-Saint-Vaat près d’Arras, les habitants de la commune du Pas-de-Calais se souviennent d'une “gamine très gentille, toujours un large sourire aux lèvresd’après nos confrères de France 3

Dans sa ville de résidence, Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), la ville a ouvert un registre de condoléances. Tous décrivent une femme “forte”, “gentille” et une “jolie famille”. “C'était quelqu'un de très souriante, très gentille, très polie, investie au club... Quand il fallait aider, elle n'hésitait pas”, dit pour sa part un responsable des jeunes au club de foot de ses enfants à France 3 Hauts-de-France.

Brice Le Mescam, 38 ans 

Avant d’entrer à la police, Brice Le Mescam, 38 ans, avait fait du théâtre, et même joué dans des courts-métrages, se souvient l’une de ses vieilles connaissances : “C’était quelqu’un d’à la fois brillant, très intelligent, mais qui transpirait aussi un air malicieux, moqueur, un brin provocateur”, se souvient Jimmy Vivante. “On le voyait, on en apprenait du garçon. Mais en même temps, il restait profondément mystérieux - et pas seulement de par son activité professionnelle. Il y avait une part d’ombre pour toutes les personnes qui le fréquentaient”, raconte-t-il.

“Il va manquer, parce qu’on s’est marrés, il avait une analyse fine des choses, de vraies valeurs : ce n’est pas pour rien qu’il s’était engagé dans la police”. 

S’il accepte de raconter cela, tient-il à préciser, c’est parce que “depuis 2012 il y a 300 personnes qui sont tombées dans des attentats. Ce sont des gens dont on ne se rappellera jamais le nom : je suis sensible à la démarche qui consiste à mettre un prénom sur une victime”. 

Anthony Lancelot, 39 ans

Gardien de la paix, ce père de deux enfants travaillait depuis 2003 pour la direction du renseignement de la Préfecture de police. Originaire du Loiret, Anthony Lancelot avait travaillé précédemment, de 2005 à 2007, en tant qu’adjoint de sécurité pour la police dans son département d’origine, à Orléans puis Montargis. 

Le quotidien La République du Centre a retrouvé l’un de ses amis d’enfance, qui se souvient “avoir fait les 400 coups ensemble à pied, puis à mobylette et à scooter”, alors qu’il ne visait pas encore une carrière dans la police. “Il est parti dans le sud” à l’âge du permis de conduire “pour faire son école de police”, confie encore cet ami, qui lui a rendu hommage ce week-end à Paris. 

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