On ne l’avait jamais entendu aussi longtemps. Pendant plus de deux heures, il vient de répondre aux questions des parties civiles. Sommé de s’expliquer sur chacune de ses incohérences dans ce dossier. Et c’est vrai qu’elles sont nombreuses.

Le jeune homme, après un mois de détention provisoire, va avouer non seulement les viols et agressions sexuelles dont on l’accuse. Mais il va aussi mettre en cause d’autres personnes du dossier. Et il va ensuite raconter le meurtre d’une fillette, dans l’appartement des Delay.

« Ca a duré quinze minutes », raconte-t-il aujourd’hui à la barre au sujet de sa première audition par le juge d’instruction Fabrice Burgaud. « Moi je disais que j’étais innocent, que j’avais rien à voir avec ça. Puis, je suis sorti du bureau et il m’a dit « Monsieur Legrand, réfléchissez bien ». Je suis parti avec cette phrase en prison.

Alors il va s’impliquer et en impliquer d’autres.

« Vous reprochez à Myriam Badaoui de vous accuser à tort, pourquoi vous vous mettez à faire la même chose ? », lui demande l’avocat de Jonathan, Me Reviron. « J’essaie de comprendre, ce n’est pas logique ».

« J’avais pas de bons conseils, j’étais perdu dans ma tête. » raconte aujourd’hui le jeune homme sous lourd traitement médicamenteux, une larme tatouée sur la joue après son acquittement.

« Comment sera votre vie après ? », lui demande son avocat Me Hugues Vigier ?

« J’en sais rien. J’arrive pas à me projeter. Je me raccroche à mon fils pour me donner de l’espoir ». A la barre, Daniel Legrand pleure.

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