Tours à Nanterre
Tours à Nanterre © CC David McKelvey

Le tribunal correctionnel de Nanterre acondamnéLogirep,un des plus gros bailleurs sociaux d'Ile-de-France, à 20.000 euros d'amende pour avoir procédé à un "fichage ethnique" de ses locataires. La société HLM a été partiellement relaxée des faits de discrimination raciale après avoir refusé de délivrer en 2005 un appartement à un homme d'origine ivoirienne au motif qu'il était noir.

En 2005, Logirep avait refusé un logement à Frédéric Tieboyou. Le salarié de la RATP avait visité l'appartement avant d'apprendre que son dossier était rejeté par la commission d'attribution des logements qui, pour motiver son refus, avait coché la case "mixité sociale".

Le jeune homme avait alors appelé la Logirep et enregistré sa conversation avec une employée. Il s'était entendu expliquer que :

Dans cette tour, il y a déjà beaucoup de gens d'origine africaine et antillaise.

Le représentant du bailleur a nié toute responsabilité de la Logirep, rejetant toute la faute sur l'employée. Le tribunal a considéré que Logirep n'était pas responsable du refus d'attribution du logement délivré par une commission dont les liens avec le bailleur n'ont pas été établis.

"Nous allons prouver que la commission d'attribution engage la responsabilité de Logirep quand elle prend une décision au nom de celle-ci et que la société HLM est pénalement responsable", a réagi vendredi Samuel Thomas, délégué général de la Maison des potes, partie civile avec SOS Racisme. L'association a annoncé son intention de faire appel.

L'enquête a mis au jour un fichier informatique dans lequel étaient mentionnées les origines des locataires : "Alg" pour Algérie ou "Gy" pour Guyane, par exemple, ce qui a valu 20.000 euros d'amende à Logirep.

Les explications de Corinne Audouin

Logirep pense faire appel sur cette partie du dossier. Les association antiracistes veulent également faire appel de la relaxe partielle.

Rappel de l'affaire avec Abdelhak El Idrissi

Selon un sondage Harris Interactive pour le magazine Pote à Pote, 61% des personnes interrogées pensent qu'il faudrait durcir les sanctions et permettre des actions collectives en justice (56%) pour lutter contre les discriminations liées à l'origine, la nationalité, la couleur de peau ou la religion.

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