Il est aussi calme et posé que son client, également avocat, est tonitruant. Sans emportement, sans effet de voix ni de manche, Me Yves Baudelot entend démontrer, point par point, que Pascal Wilhelm n’a non seulement pas abusé de la faiblesse de Liliane Bettencourt. Mais même mieux : il a agi dans l’intérêt et au bénéfice de la milliardaire.

Votre tribunal n’a pas ménagé Pascal Wilhelm pendant ses auditions. Les avocats d’Olivier Pelat ont cru pouvoir dire que Pascal Wilhelm ne serait pas digne de porter la même robe qu’eux. C’est inacceptable. Ces déclarations sont inacceptables parce que Pascal Wilhelm n’a rien d’un profiteur. Il n’a pas profité de la proximité avec Liliane Bettencourt pour se faire remettre des libéralités. Il a travaillé pour elle. C’est pour son intérêt qu’il a rapatrié ses avoirs qu’elle avait en Suisse et mené avec l’administration fiscale une négociation. C’est encore dans son intérêt et pour son profit qu’il a augmenté la trésorerie de Liliane Bettencourt de 100 millions d’euros. C’est encore et toujours dans l’intérêt de Liliane Bettencourt que Pascal Wilhelm l’a convaincue de se soumettre à des examens médicaux qu’elle avait toujours refusé C’est encore et toujours dans l’intérêt et pour le meilleur profit de Liliane Bettencourt que Pascal Wilhelm a engagé des négociations pour un accord familial. Rien de tout cela ne peut être oublié. Et le bilan de Pascal Wilhelm qu’on le veuille ou non est un bilan positif qui a profité à Liliane Bettencourt.

(…) Si votre tribunal devait prononcer ne condamnation, ca en serait fini pour Pascal Wilhlem de la possibilité d’exercer son métier. Ce serait la perte du cabinet que Pascal Wilhelm dirige pendant 25 sans qu’aucune réclamation n’ait été dirigée contre lui. En vous demandant de prononcer la relaxe, c’est le droit pour Pascal Wilhelm de continuer à être avocat que je vous demande.

La culpabilité de Pascal Wilhelm est loin d’être établie. Si l’on en juge la difficulté que les juges d’instruction ont eu à retenir la qualification applicable, il y a des signes qui ne trompent pas. De telles hésitations montrent qu’il n’est pas évident de faire rentrer sous une qualification pénale les faits qui sont reprochés à Pascal Wilhelm.

(…) Pascal Wilhelm n’a jamais contesté la vulnérabilité de Liliane Bettencourt. Il a toujours observé qu’elle était âgée, malentendante, qu’elle avait des troubles de la mémoire importants et il lui est apparu dans ces conditions qu’elle devait être protégée. Pascal Wilhelm en a tiré les conséquences en lui proposant en octobre 2010 une curatelle puis un mandat de protection future. La cour de Cassation dit que lorsque les médecins ne recommandent qu’un placement sous curatelle, la personne ne peut être considérée en situation de particulière vulnérabilité. (…) Indépendamment des certificats médicaux qui ne parlaient pas de particulière vulnérabilité, les membres de la famille de Liliane Bettencourt ont toujours considéré qu’elle avait une capacité intellectuelle suffisante pour prendre un certain nombre de décisions. Les représentants de L’Oréal ont estimé que Liliane Bettencourt avait les facultés de compréhensions suffisantes pour continuer à siéger au conseil d’administration. Le juge des tutelles n’ont pris aucune initiative pour suspendre le mandat de protection future pour le remplacer par une mesure plus forte alors qu’ils en avaient le pouvoir.

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