Jusqu’aux réquisitions du procureur, il était plutôt un prévenu de deuxième ligne. Pas de ceux dont on peut considérer la relaxe, mais pas de ceux non plus que l’on considère comme les prévenus principaux – François-Marie Banier et Patrice de Maistre.

Pour Me Benoît-Ducos Ader, avocat du tuteur de Liliane Bettencourt, il n’était que « le toutou » du véritable ennemi, François-Marie Banier. Son « ombre », selon le procureur, « il était son compagnon depuis 1991. Il avait 18 ans et son mentor 44 ».

Gérard Aldigé qui, pourtant, a réclamé dans son réquisitoire trois ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis et 375 000 euros d’amende. Presque la peine maximale. Autant qu’à l’encontre de Patrice de Maistre. Car, selon le procureur, « il a abusé de Liliane Bettencourt dans un registre différent : celui de la gentillesse et de la discrétion ».

Et c’est vrai qu’il est réservé, Martin d’Orgeval. Au fil des cinq semaines d’audience, on a même vu ce compagnon discret se faire plus discret encore, cet homme élancé se rapetisser sur sa chaise de prévenu, cet artiste au teint pâle devenir blême. Décidément, il n’a pas l’air en forme, Martin D’Orgeval. Peut-être l’un de ceux qui, physiquement, accuse le plus le coup d’un procès en correctionnelle.

Ce matin, son avocat va devoir jouer les équilibristes. Va-t-il vouloir redorer le blason de celui qu’on ne qualifie plus qu’en fonction de François-Marie Banier – son « antithèse » disait la comptable Claire Thibout » ?

Ou préférera-t-il le laisser dans l’ombre pour tenter de lui éviter une trop lourde condamnation ?

► ► ► DOSSIER |Suivez l'audience en direct, comprenez les enjeux du procès

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.