Finalement, c’est là-dessus que reposent tous les soupçons de financement politique illégal qui valent à Eric Woerth et Patrice de Maistre leur renvoi devant ce tribunal : sur des coïncidences.

« Etranges coïncidences » selon le président. Qui interroge sans relâche Eric Woerth, puis Patrice de Maistre à ce sujet. Mais les versions des deux prévenus – qu’elles soient vraies ou pas – concordent à tous points de vue.

A la barre, Patrice de Maistre répète une nouvelle fois : « je n’ai jamais cherché à cacher que j’avais rencontré monsieur Woerth. J’ai le droit, me semble-t-il, d’avoir vu monsieur Woerth, de m’être intéressé à la campagne de Nicolas Sarkozy »

L’ancien ministre du Budget ne dit pas autre chose : « ces rendez-vous, je ne les ai jamais cachés non plus. Ce sont des rendez-vous assez banals ».

Quand eux parlent d’un café pris pour discuter de la campagne présidentielle de 2007, le président souligne que des fonds arrivent des comptes suisses des Bettencourt la veille. Au total à cette époque, 4 millions d’euros seront ainsi rapatriés et déposés en liquide au domicile de Neuilly.

D’autant qu’il est de notoriété publique qu’André Bettencourt distribuait ses petites enveloppes. Patrice de Maistre, qui s’est lui-même qualifié de « fusible idéal » dans ce dossier, évoque ainsi à la barre : « j’ai entendu, sans jamais le constater, que les Bettencourt avaient l’habitude de donner de l’argent aux politiques. Je constate d’ailleurs qu’aucun membre de la famille n’en a jamais été inquiété ».

Mais en ce qui concerne la campagne de 2007, il y a de l’argent, certes. Des politiques, aussi. Et uniquement des coïncidences.

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