Il est venu de Belgique à l’invitation de l’avocat général, Stéphane Cantero. Coauteur du livre « Témoins sous influences », Marc Melen est psychologue. A la barre, il rend compte de manière extrêmement didactique des recherches sur la parole de l’enfant.

Sur la question des faux souvenirs, Marc Melen revient ainsi sur une recherche menée dans une classe primaire :

« Des enfants de 5 à 7 ans reçoivent la visite d’un dénommé Bapo. Une semaine plus tard, on leur pose des questions à la fois banales – Bapo a-t-il posé un jouet leur de sa visite ?- et farfelues – Bapo t’a-t-il emmené en hélicoptère ?. 35% des enfants interrogés de manière tendancieuse font de fausses accusations contre 12% interrogés de manière neutre.

Pour les questions farfelues, on a même : 52% des enfants interrogés de manière tendancieuse font de fausses accusations contre 5% interrogés de manière neutre. »

Le psychologue insiste même : « jusqu’à l’âge de 12 ans, les enfants rapportent généralement plus de faux souvenirs que les adultes. Mais même des adultes peuvent être amenés à croire qu’ils ont été enlevés par des extraterrestres. »

Sur la question du mensonge, Marc Melen vient contester l’idée communément diffusée selon laquelle « les enfants ne mentent pas ». Bien au contraire, dit-il, en citant une étude récente : « on a recensé chez un enfant de moins de 5 ans, en moyenne 4,9 mensonges par semaine ».

En guise de mensonges, trois types : le mensonge par omission – « ça, tout un chacun le fait », le mensonge actif mais sans se préoccuper de l’impression induite chez l’interlocuteur – « par exemple, les enfants dès l’âge de deux ans peuvent mentir à propos de tel événement si il apprécie une personne » - et le mensonge actif - « l’enfant tient compte des réactions de son interlocuteur pour modifier son propos ».

Dans ce dernier cas, « on est proche de la manipulation », explique Marc Melen à la barre. « Il ne faut pas croire que les enfants sont totalement dépourvus de cette intention de manipuler. »

Tout en concluant : « il n’existe pas aujourd’hui d’outil permettant d’évaluer de manière sûre et certaine qu’une allégation portée par un enfant en particulier est véritable. »

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