Marie-Pierre Kuhn à la barre par Octave Ly
Marie-Pierre Kuhn à la barre par Octave Ly © Esba TALM - Angers

Ce sont, en quelque sorte, deux mondes qui s’opposent.

Deux visions de la fin de vie partagée à la barre.

Il y a l’idéal : celui des penseurs - élus, membre du comité national d’éthique, médecins en soins palliatifs - : celui de la fin de vie qu’on aimerait tous : sereine, anticipée, discutée, en compagnie de nos proches, sans souffrances et signes extérieurs de cette souffrance. Cette mort est parfois possible, les spécialistes de soins palliatifs en témoignent. Cela existe. Mais rarement.

Il y a la réalité, plus largement partagée. Racontée par des anesthésistes, des urgentistes, régulièrement confrontés à l’agonie et qu’ils tentent d’apaiser du mieux possible. Il y a l’anesthésiste Marie-Pierre Kuhn, qui d’une toute petite voix, dresse une litanie des agonies épouvantables auxquelles elle a été confrontée et cette ampoule de curare un jour administrée. Il y a Jean Goalard, urgentiste à Bayonne toujours marqué par le souvenir de cet homme, très grand brûlé après une tentative de suicide par immolation, et pourtant encore conscient : “je lui ai fait une injection à des doses incompatibles avec la vie”, explique-t-il avec pudeur.

Instant d'audience par Lucie Maxin
Instant d'audience par Lucie Maxin © Esba TALM - Angers

Et puis, il y a la loi. La seule qui prime dans une cour d’assises. La loi à laquelle Pierre Brillaxis, médecin en soins palliatifs à l’hôpital de Bayonne et ancien collègue de Nicolas Bonnemaison. Au point de reprendre l’avocat général : “je n’ai pas une position particulière, c’est la loi monsieur”. La loi qui, selon lui, est très claire :

A la barre, il explique ainsi : “la procédure collégiale est relative aux décisions d’arrêt des traitements. Et de façon systématique lorsque la personne est inconsciente, on met en place une sédation profonde et continue. On n’a même pas à discuter avec les proches ou quiconque.”

L’idéal, la pratique. Et la loi.

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