Une fois Myriam Badaoui, Thierry Delay, Aurélie Grenon et David Delplanque revenus sur leurs accusations – « c’étaient des mensonges » -, une fois Daniel Legrand disculpé par ses quatre accusateurs, reste les enfants Delay.

Ils n’ont jamais accusé Daniel Legrand pendant l’instruction. Seul Dimitri a évoqué un « Dany Legrand qui habite en Belgique. Propos recueillis par son assistante familiale de l’époque et jamais réitérés après.

Mais la question de leur crédibilité est, une nouvelles fois, au cœur du dossier. Que les quatre fils du couple Badaoui-Delay aient été victimes ne fait aucun doute. Mais l’ont-ils été de tous ceux qu’ils ont désignés comme leurs agresseurs ? Ou ont-ils pu, consciemment ou pas, évoquer des scènes en réalité fantasmées ?

A la barre cet après-midi, Marie-Christine Gryson-Dejehansart, psychologue qui a examiné 17 enfants dans l’affaire. Et pour qui leur crédibilité ne fait aucun doute.

« L’enfant vit le récit, il l’accompagne de gestes. Il revoit des scènes qui reviennent en flashes Il a un regard de supplice », raconte-elle à la barre.

« Peut-on imaginer que les enfants puissent tenir des discours fantasmés qui impliquent des personnes qui ne soient pas leurs agresseurs ? » s’interroge néanmoins le président.

Mais Marie-Christine Gryson-Dejehansart écarte cette hypothèse : « l’enfant qui fabule réfléchit à la vraisemblance. Là, il ne réfléchit pas, il est dans la sidération. »

Celui qui a cosigné l’expertise des enfants avec elle se veut, en revanche, beaucoup plus prudent.

« La question de la crédibilité est une question à laquelle, moi personnellement je refuse de répondre depuis le début des années 1990 car j’estime que je ne suis pas expert en crédibilité », explique par visioconférence Jean-Louis Viaux. Le psychologue parle même de .

« contamination possible par le flot d’information sur cette histoire », d’une certaine « confusion » dans les déclarations des enfants. Et l’explique somme toute assez simplement :

« Lorsqu’une personne est dans un traumatisme et cherche à se débarrasser de ce traumatisme, il va pouvoir l’attribuer à quelque chose d’extérieur : une scène de film, quelque chose d’imaginaire etc. »

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