Nicolas Bonnemaison par Maxime Delalande
Nicolas Bonnemaison par Maxime Delalande © Esba TALM - Angers

« Je n’ai pas sollicité l’avis des familles ». Nicolas Bonnemaison le revendique clairement. Il a agi seul. Eu égard à ses vingt ans d’expérience, explique-t-il : « j’ai vécu dans des fins de vie des sollicitations de l’avis de la famille qui ont été catastrophiques. Ca me semble lourd de solliciter les familles pour participer à ce choix. Je pense que cette question là est source de culpabilité. » Alors, pour les protéger selon lui, Nicolas Bonnemaison n’a pas averti les familles.

Pas plus qu’il n’a tenu au courant les infirmières.

« J’estime qu’il faut qu’un médecin assume cette démarche là. Trop souvent pendant l’ensemble de ma carrière, j’ai vu des décisions prises par les médecins et finalement ce sont les infirmières qui se retrouvent à faire les injections », explique l’accusé.

La présidente s’étonne : « vous pratiquez toutes les injections de sédatif au sein de votre service ? »

De sédatif, oui.

Nicolas Bonnemaison  par Othilie Pournain
Nicolas Bonnemaison par Othilie Pournain © Esba TALM - Angers

Pas de trace dans le dossier médical non plus : « j’essaie de protéger les infirmières. Si je le mets dans le dossier, elles vont le lire et seront au courant », se justifie-t-il.

Alors Nicolas Bonnemaison a agi seul, glissant une ampoule d’Hypnovel ou parfois de curare dans la poche de sa blouse. Mais il insiste : « j’ai été discret, mais je ne me suis pas caché. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait. »

► ► ► ALLER PLUS LOIN| L'affaire Bonnemaison : dossier complet et procès en live

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.