Plus qu’un témoignage, c’est presque qu’un cours magistral qu’Hélène Romano livre à la barre. La psychologue, « spécialiste des psychotraumas » comme elle se définit elle-même est même venue avec des plaquettes sur le fonctionnement du cerveau, photocopiées en plusieurs exemplaire « pour les jurés ». Mais c’est contraire au fonctionnement de la cour d’assises.

Alors Hélène Romano poursuit sans document mais néanmoins très didactiquement, s’adressant successivement à chacun des jurés : « la mémoire traumatique est une mémoire très particulière, à l’œuvre chez les personnes qui vivent des événements très douloureux. C’est une mémoire purement émotionnelle : vous avez des flashes, des traces. Une personne victime ne pourra jamais vous faire un récit chronologique. »

Hélène Romano, - qui s’exprime en tant que simple témoin et non comme expert ayant examiné les enfants Delay – multiplie les exemples, les qualificatifs. Avec conviction. Emphase même.

Le président l’interroge : « comment on peut s’assurer qu’un souvenir restitué n’est pas un souvenir reconstruit ? » La psychologue qui revendique de 25 ans d’expérience auprès des enfants explique : « c’est la dimension sensorielle, le fait d’avoir des doutes, de ne pas être sûr de sa mémoire qui fait l’authenticité des souvenirs. Dire que des enfants sont menteurs ça arrange tout le monde. Ca évite de penser l’horreur de ce qui s’est passé. »

Mais pour la défense, il s’agit là de déclarations militantes. « Quelle que soit la question posée, vous allez toujours dans le même sens, lui reproche Me Vigier.

En l’occurrence : valider la parole de l’enfant.

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